Les Marocains, « sont une Ferrari en matière de production »

- 09h00 - Maroc - Ecrit par : Bladi.net

L’appétit de la filière marocaine de l’avocat ne connaît pas de limites. Après avoir multiplié ses parts de marché en Europe au détriment de l’Espagne, le « green gold » marocain vise désormais une nouvelle frontière : l’Asie. Une stratégie dictée par une production en explosion et une adéquation surprenante avec les habitudes de consommation orientales.

C’est une ascension fulgurante qui force l’admiration, même chez les concurrents. En moins d’une décennie, le Maroc a bouleversé l’ordre établi. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les exportations vers l’Union européenne ont été multipliées par six, passant de 18 700 tonnes en 2018 à une prévision de 120 000 tonnes pour 2025. Une domination telle que les producteurs espagnols, leaders historiques, reconnaissent la supériorité structurelle du voisin du sud.

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« Ils sont une Ferrari en matière de production », concède Pepe Cuadrado, expert agricole espagnol. Face aux exploitations ibériques morcelées et confrontées au stress hydrique, le Maroc oppose des domaines de 200 hectares, sur des sols sablonneux idéaux, avec des coûts de production imbattables. « Au niveau de la production, on ne peut pas concurrencer le Maroc, c’est très compliqué », résume-t-il.

Le marché européen étant désormais conquis, les exportateurs marocains cherchent à diversifier leurs débouchés pour ne pas saturer l’offre. La Chine, le Japon et la Corée du Sud sont les nouvelles cibles. Et le Maroc dispose d’un avantage inattendu : la taille de ses fruits.

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Alors que l’Europe réclame majoritairement de gros avocats, le marché asiatique privilégie les petits calibres, plus adaptés à la consommation individuelle ou à la restauration rapide. Selon l’Association marocaine des producteurs d’avocat (MAVA), cette spécificité est une aubaine, car elle permet de valoriser les fruits de taille moyenne et petite, souvent moins prisés sur le Vieux Continent. Pour réussir ce pari face aux géants sud-américains (Mexique, Pérou), le Maroc devra toutefois surmonter le défi logistique et garantir une qualité constante sur ces longs trajets.

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