Tomates cerises : le Maroc inonde le marché français, les producteurs locaux fulminent

- 16h00 - France - Ecrit par : Betty de G.

Les ventes estivales de tomates cerises explosent, mais les producteurs français ne décolèrent pas. Face aux importations massives en provenance du Maroc à des prix imbattables, les maraîchers dénoncent une concurrence déloyale et exigent une révision des accords commerciaux.

La guerre des prix se joue directement dans les rayons des supermarchés. D’un côté, la barquette de 250 grammes venue du Maroc s’affiche toute l’année à 99 centimes. De l’autre, la nouvelle alternative « souveraine » 100 % française, lancée avec l’appui du ministère de l’Agriculture, ne peut descendre sous la barre de 1,29 euro. Cet écart s’explique par un immense gouffre salarial.

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Pierre-Yves Jestin, patron de la coopérative Savéol et président de l’association représentant 500 producteurs hexagonaux, résume la situation : « Aujourd’hui, on a un coût de l’heure en France qui doit se situer aux alentours des 15 euros. Quand on compare ça avec le Maroc qui est à 1 euro de l’heure, et en sachant que le premier coût de production sur une tomate cerise, c’est la main-d’œuvre. »

Cette redoutable compétitivité permet aux agriculteurs marocains d’inonder le marché européen, avec 275 000 tonnes expédiées rien qu’en 2025. Ces volumes s’appuient sur une baisse des droits de douane validée par l’Union européenne en 2012. Selon les éléments rapportés par Francinfo, les professionnels français réclament la refonte immédiate de ce traité.

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Initialement conçu pour garantir l’approvisionnement en tomates classiques durant la période hivernale, le texte « ne correspond plus aux critères qui étaient ceux de l’époque ». L’enjeu est colossal sur la France, où la consommation de la variété cerise grimpe sans discontinuer depuis 2019, atteignant 115 000 tonnes englouties l’année dernière.