Ils veulent savoir ce que leur père possédait au Maroc, mais leur belle-mère refuse : la justice tranche

- 20h00 - France - Ecrit par : Farid Laamoudi

Six enfants ont obtenu gain de cause devant la justice française dans un conflit d’héritage impliquant des biens au Maroc. Leur belle-mère et leur demi-sœur devront dévoiler plusieurs documents bancaires et immobiliers, sous peine d’une pénalité quotidienne. Une donation avait déjà été annulée par un tribunal marocain.

Un père de sept enfants décède au Maroc en 2024, laissant derrière lui des biens immobiliers des deux côtés de la Méditerranée. Mais le règlement de son héritage tourne à la bataille familiale. Six enfants issus de son premier mariage réclament des documents à sa seconde épouse et à leur demi-sœur. Face aux refus, ils saisissent le tribunal judiciaire de Nice en juillet 2025.

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Les héritiers veulent notamment connaître l’étendue du patrimoine immobilier marocain de leur père. Ils réclament les titres de propriété de plusieurs biens, des relevés bancaires et des informations sur un véhicule SsangYong Rexton resté au Maroc, dont ils cherchent à connaître la localisation exacte.

Les tensions sont telles que la juge décrit des relations familiales « exécrables ». La veuve et sa fille contestent les demandes et soulèvent l’incompétence du tribunal français. Mais les six enfants disposent de plusieurs éléments pour appuyer leur démarche.

Une donation immobilière déjà annulée par la justice marocaine

Le dossier révèle notamment qu’une donation consentie par le défunt à sa seconde épouse a été annulée le 17 février 2026 par le tribunal de première instance d’Errachidia. Elle concernait un bien immobilier et une parcelle de terrain au Maroc.

Autre élément examiné à Nice : des virements de montants importants effectués avant le décès, alors que l’épouse avait été désignée pour protéger les intérêts de son mari. La juge estime qu’elle doit pouvoir rendre compte de ces opérations. Elle refuse toutefois d’imposer la communication des comptes exclusivement personnels de la veuve, afin de préserver sa vie privée.

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Dans son ordonnance du 21 août 2026, le tribunal donne largement raison aux six enfants. La veuve et leur demi-sœur doivent transmettre les relevés bancaires concernés, les titres des propriétés marocaines et les documents du véhicule. Les loyers provenant des immeubles de la succession devront également être versés au notaire chargé du dossier.

Les deux femmes disposent de quinze jours après la signification de l’ordonnance pour communiquer les pièces, sous peine de payer 20 euros par jour de retard pendant six mois au maximum. Elles sont également condamnées solidairement à verser 1 800 euros aux six héritiers pour leurs frais de justice. Le partage définitif de la succession reste à régler.