Un virus détecté chez des sardines en Afrique du Sud inquiète jusqu’au Maroc

- 05h00 - Monde - Ecrit par : Nadia El A.

Un virus jusqu’ici surtout connu en Australie a été détecté chez des sardines mortes en Afrique du Sud. Alors que les mortalités s’étendent, l’épisode retient l’attention au Maroc, où les stocks de sardines sont déjà fragilisés. Aucun cas n’y a toutefois été détecté.

L’alerte a commencé début août sur les côtes sud-africaines. Des milliers de sardines mortes ou mourantes ont été observées entre Saldanha Bay et Gansbaai, certaines flottant jusqu’à plusieurs kilomètres au large. Les autorités ont d’abord envisagé plusieurs causes, notamment des algues toxiques, un manque d’oxygène ou des conditions océaniques inhabituelles.

Les analyses ont ensuite révélé la présence du Pilchard herpesvirus (PHV). Le 14 août, le ministère sud-africain de l’Environnement, des Forêts et de la Pêche a confirmé que le matériel génétique du virus avait été retrouvé aussi bien dans des sardines mortes que, à des concentrations plus faibles, chez certains poissons capturés vivants. Le ministère sud-africain souligne cependant que la présence du virus ne permettait pas encore, à elle seule, d’expliquer l’ensemble des mortalités.

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Les investigations ont depuis renforcé cette piste. Sur les 15 premiers poissons analysés par le South African Institute for Aquatic Biodiversity et l’université Rhodes, tous étaient positifs au PHV. Dix sardines provenant directement de l’épisode de mortalité présentaient des charges virales élevées. La séquence identifiée correspond à 99,7 % à un gène du virus déjà connu en Australie, selon une nouvelle mise à jour officielle publiée le 23 août.

L’affaire ne s’est pas arrêtée là. Le 27 août, de nouvelles sardines mortes ont été retrouvées autour de Gqeberha, dans le sud du pays. Des échouages ont également été signalés en Namibie, dont les autorités doivent transmettre des échantillons pour analyse. Le PHV est désormais considéré par Pretoria comme l’explication principale de l’épisode observé dans le Cap-Occidental, même si son rôle dans les nouvelles mortalités doit encore être confirmé.

Au Maroc, aucun cas de PHV détecté à ce stade

L’épisode sud-africain commence néanmoins à susciter des interrogations au Maroc. Le Matin s’est notamment intéressé aux conséquences qu’aurait l’apparition d’un tel agent pathogène pour une filière marocaine déjà confrontée à une forte diminution de ses captures.

Mais aucune donnée disponible ne permet actuellement d’affirmer que le PHV a atteint les eaux marocaines. Une différence importante existe également entre les populations concernées : les mortalités étudiées en Afrique du Sud touchent le pilchard sud-africain, Sardinops sagax, tandis que la sardine pêchée au large du Maroc est principalement Sardina pilchardus, comme le rappelle l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Il n’est donc pas établi que le virus détecté en Afrique australe puisse provoquer le même phénomène chez la sardine marocaine. L’évolution de sa circulation est néanmoins suivie avec davantage d’attention depuis l’apparition de nouvelles mortalités et d’échouages plus au nord de la zone initialement touchée.

Cette vigilance intervient dans un contexte déjà difficile. Les débarquements de sardines au Maroc sont passés d’environ 965 000 tonnes en 2022 à 525 000 tonnes en 2024, soit une chute proche de 46 %. Le Maroc a également suspendu depuis février les exportations de sardines congelées afin de privilégier le marché intérieur.

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La raréfaction de la ressource commence déjà à produire des effets à l’étranger, notamment en Europe, où certaines enseignes connaissent des difficultés d’approvisionnement. Une éventuelle nouvelle pression sanitaire sur les populations de sardines serait donc particulièrement surveillée.