Le visa français aurait pu passer de 90 à 140 euros pour les Marocains : les députés ont tranché
Les demandeurs de visas touristiques pour la France ont échappé à une nouvelle taxe de 50 euros. Présentée dans le cadre du budget 2027, cette mesure aurait notamment concerné les voyageurs marocains. Les députés français l’ont rejetée mardi 3 novembre, après un débat sur son coût et sa conformité aux règles européennes.
Le député Nicolas Dragon, du Rassemblement national, proposait d’instaurer un droit de timbre supplémentaire de 50 euros sur chaque visa de court séjour délivré principalement pour un voyage touristique. Selon le compte rendu officiel de l’Assemblée nationale, l’amendement n° 692 a été rejeté par 67 voix contre 36, lors de la séance du 3 novembre.
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Pour les demandeurs marocains soumis au tarif normal, cette proposition aurait porté les seuls droits de visa de 90 à 140 euros, auxquels s’ajoutent les frais du prestataire chargé de recevoir les dossiers. Au Maroc, TLScontact facture actuellement environ 258 dirhams de frais de service de base, selon France-Visas.
La surtaxe devait être acquittée uniquement lorsque le visa était accordé, au moment de sa remise. Elle aurait été perçue une seule fois, quelle que soit la durée de validité du document ou le nombre d’entrées autorisées. Son entrée en vigueur était envisagée pour le 1er janvier 2027.
Une taxe destinée à rapporter 102 millions d’euros
Nicolas Dragon défendait cette mesure en invoquant la progression du nombre de visas touristiques délivrés par la France. Selon les chiffres présentés dans son amendement, leur nombre est passé de 1,54 million en 2023 à 2,04 millions en 2025, soit une hausse de 32,5 % en deux ans. Le député estimait les recettes supplémentaires à environ 102 millions d’euros par an.
Le gouvernement s’y est opposé. David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, a rappelé que les tarifs des visas de court séjour sont fixés au niveau européen par le code communautaire des visas. La commission des finances avait également émis un avis défavorable.
Pour les demandeurs marocains, le coût des démarches reste un sujet sensible. Aux frais consulaires et de service s’ajoutent parfois les dépenses liées à l’obtention d’un rendez-vous auprès d’intermédiaires. Les droits de dossier déjà acquittés restent par ailleurs non remboursables en cas de refus de visa.
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Un second amendement, déposé par le député Christophe Blanchet, prévoyait lui aussi une taxe additionnelle de 50 euros sur les visas touristiques. Il a également été rejeté au cours de la même séance, après des avis défavorables de la commission et du gouvernement.