Les voitures chinoises font déjà reculer les exportations automobiles du Maroc

- 05h00 - Maroc - Ecrit par : Mohamed A.

Les exportations automobiles marocaines ont reculé en 2025. La Banque mondiale l’explique par une demande européenne moins dynamique, mais aussi par la concurrence croissante des véhicules électriques chinois sur les principaux marchés du royaume.

L’industrie automobile marocaine commence à subir la transformation rapide du marché européen. Après plusieurs années de progression, ses exportations ont diminué en 2025, alors que l’ensemble des ventes marocaines de biens et de services continuait d’augmenter.

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Dans son Rapport de suivi de la situation économique au Maroc, la Banque mondiale attribue ce recul à l’affaiblissement de la demande européenne et à la concurrence accrue des véhicules électriques chinois. L’institution ne chiffre toutefois pas précisément la baisse du secteur automobile dans ce passage.

Cette contre-performance tranche avec les résultats d’autres filières. Les exportations marocaines de biens et de services ont progressé de 6,2 % en 2025, après 8 % en 2024. Les ventes de phosphates et de produits dérivés ont notamment bondi de 21 %, tandis que l’aéronautique a conservé une dynamique solide.

L’automobile, le textile et les produits agricoles ont, à l’inverse, souffert du ralentissement de la demande sur les marchés européens.

La concurrence chinoise atteint les usines marocaines

Une grande partie des véhicules assemblés au Maroc est destinée à l’Europe. L’essor des modèles électriques chinois sur ce marché peut donc réduire les commandes adressées aux usines du royaume, même lorsque les véhicules concurrents sont fabriqués ailleurs.

La transition vers l’électrique modifie également les modèles demandés, les composants utilisés et l’organisation des chaînes de production. Pour le Maroc, l’enjeu consiste désormais à préserver sa place dans l’industrie automobile européenne tout en accélérant le développement des batteries, des composants électriques et des nouveaux véhicules.

Le royaume continue néanmoins d’attirer les investisseurs. Les investissements directs étrangers ont progressé de 29 % en 2025, l’industrie manufacturière en captant la plus grande part. La Banque mondiale y voit la confirmation de l’attractivité du Maroc comme plateforme de production proche de l’Europe.

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Le recul observé en 2025 reste cependant un avertissement : la compétitivité des usines marocaines ne dépend plus seulement de leurs coûts et de leur proximité avec l’Europe. Elle dépend aussi de leur capacité à suivre assez rapidement le basculement mondial vers la voiture électrique.