Elle ne voulait pas retourner au Maroc après sa mort : à Bruxelles, les places pour les sépultures musulmanes se raréfient
À Bruxelles, des familles d’origine marocaine choisissent d’enterrer leurs proches en Belgique plutôt que de les rapatrier au Maroc. Face au manque de sépultures adaptées, un projet de cimetière multiconfessionnel de 7 000 tombes provoque une importante mobilisation de riverains.
La mère de la cinéaste belgo-marocaine Karima Saïdi avait demandé à être enterrée à Bruxelles, près de ses enfants, plutôt qu’au Maroc. Dans un entretien accordé à BRUZZ en janvier 2026, sa fille expliquait que cette décision lui permettait de se recueillir régulièrement sur sa tombe. Une histoire racontée dans son documentaire « Ceux qui veillent », tourné au cimetière multiconfessionnel d’Evere. D’autres inhumations musulmanes ont lieu en Belgique, notamment dans le carré réservé à cet effet au cimetière de Schoonselhof, à Anvers.
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Longtemps privilégié par les premières générations de l’immigration marocaine, le rapatriement au pays d’origine n’est plus l’unique option. Ouvert en 2002, le cimetière multiconfessionnel d’Evere permet aux familles d’enterrer leurs proches selon leurs rites religieux. Mais les emplacements musulmans de ce site approchent désormais de la saturation, obligeant les autorités bruxelloises à rechercher de nouveaux terrains.
7 000 tombes envisagées, plus de 1 200 opposants
La Ville de Bruxelles souhaite aménager un nouveau cimetière multiconfessionnel sur le site du Hoogveld, à Berchem-Sainte-Agathe, près de Molenbeek. Ce terrain de cinq hectares, dont 3,5 hectares appartiennent au CPAS de Bruxelles, pourrait accueillir jusqu’à 7 000 sépultures, destinées à différentes confessions.
Mais le projet provoque une mobilisation grandissante. Au 6 novembre, plus de 1 200 personnes avaient signé une pétition, selon le média bruxellois BRUZZ. Les riverains, regroupés notamment au sein du collectif SOS Hoogveld, dénoncent la disparition d’un espace vert, les risques d’augmentation du trafic et les difficultés de stationnement. Ils affirment ne pas contester la vocation religieuse du futur cimetière, mais uniquement son implantation.
Christian Lamouline, bourgmestre de Berchem-Sainte-Agathe, partage cette opposition. Il considère que la protection urbanistique du terrain constitue un obstacle majeur et annonce qu’il s’opposera à une éventuelle demande de permis. Sa commune propose plutôt de réserver 300 emplacements multiconfessionnels dans ses cimetières existants.
La Région bruxelloise a reçu quatorze propositions pour développer de nouvelles capacités d’inhumation, dans le cadre d’un appel à projets portant sur 16 300 places potentielles. Le projet du Hoogveld doit encore être examiné et n’a reçu aucune approbation définitive. Les opposants prévoient d’interpeller le conseil communal de Berchem-Sainte-Agathe le 26 novembre.