Acquitté au Maroc, ce Néerlandais d’origine marocaine est toujours en prison quatre ans plus tard
Seddik Errais, un Néerlandais d’origine marocaine de Maastricht, est toujours incarcéré au Maroc quatre ans après avoir été acquitté dans l’affaire de la fusillade du café La Crème à Marrakech. La procédure a depuis connu de nouveaux développements et il continue de clamer son innocence.
L’histoire judiciaire de Seddik Errais semblait pourtant avoir basculé en sa faveur le 4 janvier 2022. Ce jour-là, la chambre criminelle près la Cour d’appel de Marrakech l’avait innocenté dans l’une des affaires criminelles les plus retentissantes de ces dernières années au Maroc.
Le Néerlandais d’origine marocaine était soupçonné d’avoir joué le rôle de coordinateur dans la fusillade du café La Crème, survenue le 2 novembre 2017 à Marrakech. Deux hommes masqués circulant à moto avaient ouvert le feu sur la terrasse. Leur cible présumée était le propriétaire de l’établissement, mais les tirs avaient tué Hamza Chaib, un étudiant en médecine de 26 ans qui n’avait rien à voir avec le règlement de comptes. Deux autres personnes avaient été blessées.
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Au moment de son implication dans le dossier marocain, Seddik Errais était déjà emprisonné en Espagne dans une affaire de trafic de cocaïne. Les autorités espagnoles l’ont extradé vers le Maroc en 2019. Il était alors poursuivi notamment pour complicité d’homicide avec préméditation, complicité de tentative d’homicide et appartenance à une bande criminelle organisée.
L’accusation lui attribuait un rôle d’intermédiaire entre les commanditaires et plusieurs personnes chargées de préparer l’opération à Marrakech. Errais a toujours contesté cette version. Lors de son acquittement en 2022, la justice avait notamment considéré que sa relation amicale avec l’un des commanditaires présumés ne suffisait pas à établir sa participation aux faits.
Une relaxe qui n’a pas mis fin à l’affaire
Cette décision n’a toutefois pas clos définitivement le dossier judiciaire. L’affaire La Crème a connu plusieurs rebondissements devant les juridictions marocaines, avec notamment l’intervention de la Cour de cassation et un nouvel examen du dossier à Casablanca. En janvier 2026, la Cour d’appel de Casablanca a encore rendu une nouvelle décision concernant plusieurs protagonistes de l’affaire.
La situation personnelle d’Errais est aujourd’hui remise en lumière par la presse néerlandaise. Selon le quotidien AD, ce dernier a finalement été condamné et se trouve toujours derrière les barreaux. Le journal le décrit comme détenu dans l’un des établissements pénitentiaires les plus sévères du Maroc, aux côtés notamment de personnes condamnées pour terrorisme et de criminels considérés comme dangereux.
Cela fait au total près de neuf ans qu’il est privé de liberté, d’abord en Espagne puis au Maroc. Cette durée ne correspond donc pas entièrement à une détention au Maroc ni uniquement à l’affaire La Crème : avant son extradition, il purgeait en Espagne une peine liée au trafic de cocaïne.
Errais affirme pour sa part n’avoir jamais rien su du projet d’attentat. « Mes larmes sont épuisées et moi aussi. Qu’est-ce que j’ai fait ? », confie-t-il aujourd’hui depuis sa prison, tout en continuant à nier avoir participé à la préparation de la fusillade.
Sur Bladi.net : Fusillade de Marrakech (La Crème) : Peine de mort pour les deux tueurs néerlandais
Les deux hommes identifiés comme les exécutants directs de l’attaque connaissent une situation différente. Leur condamnation à mort a été confirmée le 12 janvier 2026 par la Cour d’appel de Casablanca. Plusieurs autres peines ont en revanche été réduites, dont celle du propriétaire du café, passée de quinze à dix ans de prison.
Pour Seddik Errais, le point qui alimente aujourd’hui les interrogations aux Pays-Bas reste donc cette succession de décisions : présenté comme un coordinateur de l’attaque, il avait été acquitté en 2022 faute d’éléments jugés suffisants pour établir son implication, avant d’être de nouveau condamné au terme des développements ultérieurs de l’affaire. Quatre ans après cette relaxe, il demeure en prison et continue d’affirmer qu’il n’a joué aucun rôle dans le meurtre commis par erreur au café La Crème.