Deux Marocains parmi les 201 interpellés d’un réseau accusé d’avoir détourné 3 milliards de dollars

- 06h00 - Monde - Ecrit par : Nadia El A.

Deux Marocains figurent parmi les 201 personnes interpellées en Turquie dans le démantèlement d’un vaste réseau de fausses plateformes d’investissement. Pilotée, selon le parquet d’Istanbul, par des ressortissants israéliens, l’organisation aurait soustrait plus de 3 milliards de dollars à ses victimes.

L’opération a été menée simultanément dans 286 adresses à Istanbul et dans la province de Muğla. Elle a mobilisé le parquet d’Istanbul, la police turque et les services de renseignement du pays. Au total, 248 personnes sont visées par l’enquête et 201 ont été arrêtées.

Parmi les personnes interpellées figurent 45 ressortissants étrangers originaires de vingt pays. Les autorités ont identifié neuf Israéliens, onze Pakistanais, deux Marocains ainsi que plusieurs ressortissants d’Azerbaïdjan, de Syrie, de Jordanie, d’Ukraine, de Thaïlande et d’Indonésie.

L’information initialement publiée vendredi faisait état de 175 arrestations. Le bilan a ensuite été porté à 201, précise Türkiye Today.

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D’après le parquet d’Istanbul, l’organisation était dirigée par des ressortissants israéliens qui désignaient des responsables dans différents pays. Ceux-ci créaient ensuite des sociétés, recrutaient le personnel et organisaient la comptabilité de centres d’appels installés hors des territoires ciblés.

En Turquie, 44 centres d’appels auraient fonctionné derrière 29 sociétés officiellement déclarées dans le conseil, le tourisme ou les services téléphoniques. Les enquêteurs soupçonnent ces structures d’avoir servi uniquement à contacter les futures victimes et à collecter leur argent.

Les employés étaient recrutés comme « agents de conversion » ou « agents de rétention ». Après une semaine de formation, ils recevaient un pseudonyme et une histoire personnelle inventée. Certains devaient notamment prétendre avoir étudié dans une université prestigieuse comme Oxford afin de gagner la confiance de leurs interlocuteurs.

De faux gains pour obtenir toujours plus d’argent

Le réseau diffusait sur les réseaux sociaux et les moteurs de recherche des publicités promettant des rendements rapides sur les marchés des devises et d’autres placements en ligne. Les internautes qui communiquaient leurs coordonnées étaient ensuite rappelés par un opérateur parlant leur langue.

Les victimes commençaient par verser une petite somme. Une fausse interface leur montrait ensuite des bénéfices fictifs afin de les convaincre d’investir davantage. Lorsqu’elles souhaitaient récupérer leur argent, leur compte était bloqué et de nouvelles sommes leur étaient réclamées sous prétexte de taxes ou de frais de déblocage.

Le système rappelle une ancienne escroquerie exploitant une plateforme de phoning installée au Maroc, mais l’affaire turque se distingue par son ampleur internationale et les montants évoqués par les enquêteurs.

L’organisation aurait volontairement évité les citoyens israéliens et américains. Ses principales victimes se trouveraient notamment en Malaisie, aux Émirats arabes unis, en Russie, au Royaume-Uni, au Canada, en Australie, en Irlande, en Chine, en Suisse, en Belgique, en Suède et en Corée du Sud.

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Selon les autorités turques, les sommes soustraites aux victimes dépasseraient 3 milliards de dollars. L’enquête a également retracé environ 13 milliards de livres turques de mouvements financiers sur deux ans, soit plus de 260 millions de dollars, présentés notamment comme des salaires ou des frais de fonctionnement.