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Affaire Facebook, Fouad Mortada devant les juges

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16 février 2008 - 12h15 - Société - Par: Bladi.net

Avis aux férus du « chat », des forums de discussion et du surf sur le net : évitez de prendre l’identité d’une personne de la famille royale comme pseudonyme. Sinon, vous risquez de vous retrouver en prison. Fouad Mortada l’a appris à ses dépens. Timide et très réservé, ce jeune ingénieur s’est rendu coupable- aux yeux des agents de la Brigade nationale de police judicaire-, « d’usurpation de l’identité du prince Moulay Rachid ».

Une petite analyse des articles du code pénal, relatifs à cette infraction fait ressortir deux constats majeurs. D’abord, les articles 380 et suivants du code précité n’évoquent à aucun moment l’usurpation d’identité sur le Net. En effet, l’article 380 prévoit que « quiconque, sans titre, s’immisce dans des fonctions publique, civiles ou militaires ou accomplit un acte d’une de ces fonctions, est puni de l’emprisonnement d’un à cinq ans à moins que le fait ne constitue une infraction plus grave ».

Ensuite, « l’usurpateur » d’identité ne tire aucun profit de son acte, dans ce cas d’espèce. A moins de considérer la séduction comme un profit illégitime ! Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Le jeune informaticien l’explique clairement dans ses déclarations lors de son interrogatoire devant la BNPJ. « En octobre 2007, j’ai décidé de créer un profil sur FaceBook pour séduire des jeunes filles. Mais c’était en vain, puisque je n’ai pas réussi, comme à l’accoutumée, de faire la connaissance d’une jeune demoiselle », peut-on-lire dans le rapport de la BNPJ dont L’Economiste détient copie. Après cet énième échec, Mortada pense à une idée de « génie ». « Le 15 janvier dernier, j’ai créé une nouvelle adresse sur le même site, mais sous un autre nom. J’ai choisi celui du prince Moulay Rachid pour séduire le maximum de filles. J’ai pu collecter plusieurs informations concernant le prince grâce à wikipédia (un dictionnaire sur le Net très à la mode, ndlr) et à Google. Ensuite, j’ai créé une adresse mail intitulée prince.moulay.rachid@gmail.com », raconte Mortada.

Suite à la création de cette adresse, le jeune informaticien décroche le gros lot. Il reçoit des correspondances de plusieurs « groupies ». Mais celles-ci ne recevront aucune réponse, puisque le jeune informaticien « n’ose pas leur répondre de peur d’être démasqué par ses nombreuses admiratrices ».

Quoi qu’il en soit, ce « dangereux criminel » passe ce vendredi 15 février devant le tribunal de première instance de Casablanca. Il devra répondre à de graves accusations qui peuvent lui valoir jusqu’à cinq ans de prison…pour avoir voulu mettre du piment dans sa vie d’informaticien timide et réservé.

Une quarantaine de Sarkozy

Tous les férus d’Internet peuvent le confirmer : peu de gens s’aventurent sur le Net avec leurs vrais noms. Le pseudo est l’un des plus grands principes du monde virtuel. A côté de ceux qui choisissent un prête-nom banal, il y a ceux qui optent pour des pseudos faisant référence à de grandes personnalités (qu’elles soient décédées ou encore en vie).Un petit tour sur la toile montre qu’il existe plusieurs « Sarkozy », quelques « Chirac » et même des « Busch ».

Source : L’Economiste - N. Be.

Mots clés: Moulay Rachid , Procès , Fouad Mortada , Affaire Mourtada , Facebook

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