Aïd en Belgique : la polémique de l’abattage rituel enflamme Bruxelles

- 05h00 - Belgique - Ecrit par : L.A

À l’approche de l’Aïd, le débat sur l’abattage rituel s’enflamme de nouveau en Belgique. L’opposition fustige l’immobilisme de la capitale, désormais pointée du doigt comme le dernier territoire du pays à autoriser cette pratique.

Les statistiques officielles dévoilées par le député Mathias Vanden Borre font état de 14 049 bovins et veaux sacrifiés sans étourdissement préalable au cours de l’année 2025. Le bilan intègre également 11 989 moutons et agneaux ainsi que 5 207 chèvres, portant le total à près de 32 000 bêtes. Pour le représentant de la N-VA, la persistance de cette dérogation à Bruxelles est jugée totalement irresponsable, alors que la Flandre et la Wallonie appliquent une interdiction stricte et validée sur le plan juridique depuis 2019.

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L’élu nationaliste cible directement l’inaction de la ministre du Bien-être animal, Elke Van den Brandt, qu’il accuse de repousser constamment l’examen du Code bruxellois au Parlement. Le texte est actuellement gelé en commission. Selon un article publié par la DHnet, les partis de la majorité ont refusé le mois dernier d’inscrire ce dossier à l’ordre du jour, prétextant de simples vérifications administratives.

Les coulisses politiques révèlent de fortes tractations et des accusations de reniement. L’opposition dénonce l’attitude du MR, coupable selon elle d’avoir abandonné ses positions historiques de fermeté pour s’aligner sur le PS. Plusieurs observateurs évoquent l’existence d’un accord secret entre ces deux formations pour bloquer le sujet durant la législature. Les socialistes choisiraient ainsi de laisser s’enliser les discussions en attendant la fermeture définitive des abattoirs d’Anderlecht prévue en 2028.

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Pour les partisans d’une interdiction, les arguments légaux avancés par la majorité ne tiennent pas. La Cour constitutionnelle a déjà confirmé qu’une interdiction de l’abattage sans étourdissement restait pleinement compatible avec la liberté de culte. Mathias Vanden Borre insiste sur le fait que la sécurité juridique est totale et que seule la volonté politique des dirigeants bruxellois fait aujourd’hui défaut pour clore définitivement ce dossier.