Indemnités maladie en Belgique : partir au Maroc, un parcours sous haute surveillance
Le nombre de bénéficiaires belges d’indemnités maladie installés à l’étranger explose. Si les départs vers l’Europe restent libres, s’expatrier au Maroc impose des démarches médicales rigoureuses pour éviter la perte immédiate des droits.
En l’espace de cinq ans, la hausse est spectaculaire. Le quotidien Het Laatste Nieuws révèle, sur la base des statistiques de l’Inami, que 14 713 personnes en arrêt de longue durée résident hors des frontières de la Belgique en 2025. Ce nombre a bondi de 58 % depuis 2020, dépassant largement l’augmentation globale des indemnisés. La majorité de ces expatriés se concentrent dans les pays voisins, comme la France et les Pays-Bas, une situation souvent liée au statut de travailleur frontalier. L’Espagne attire également une part importante de ces assurés.
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Quitter le territoire belge pour une destination située hors de l’Union européenne obéit à un protocole particulièrement sévère. Les individus souhaitant s’installer au Maroc doivent impérativement obtenir une autorisation écrite délivrée par un médecin-conseil avant leur départ. Ce praticien évalue la situation et peut refuser le déplacement s’il le juge déconseillé pour des raisons de santé. Faire ses valises vers le royaume sans ce précieux feu vert médical entraîne la suspension automatique de l’indemnité financière.
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Le profil de ces malades expatriés reste très ciblé : sept sur dix ont franchi le cap des 50 ans et la quasi-totalité relève du secteur salarié ou de la fonction publique, contre une infime minorité d’indépendants. En théorie, la mutualité conserve le droit de faire vérifier l’état de santé de l’assuré vivant au Maroc en mandatant un organisme sur place pour rédiger un rapport. Dans les faits, la fréquence de ces inspections à distance reste totalement inconnue, sachant que les vérifications s’avèrent déjà particulièrement complexes sur le sol belge.