Allemagne : Exposition sur l’art de vivre marocain

- 14h14 - Maroc - Ecrit par :

Une exposition sur "l’art de vivre dans le monde arabe", montée à Berlin, offre l’occasion de revisiter dans le temps et dans l’espace le cadre et les modes de vie au Maroc.

Elle dévoile également une quête constante à allier fonctionnalité et esthétique que ce soit dans la forme et la conception des habitations ou dans les ustensiles et autres objets à usage domestique courant.

Cette tendance à joindre l’utile et l’agréable dans le mode de vie des Marocains apparaît aussi bien dans les somptueuses demeures fassies que dans les simples maisons confinées entre les montagnes.

Ainsi, ces gravures ornant ce pilier taillé dans le cèdre servant de support aux toits des maisons construites en argile et en paille ou encore ces portes et fenêtres ciselées d’arabesques et d’étoiles.

Aux côtés de cet art "primaire", l’exposition dévoile, à travers des photos, les splendeurs de la maison Serghini de Fès construite au 17-ème siècle.

Un modèle d’habitation majestueux qui allie savoir faire architectural et dextérité artisanale. En témoigne la reproduction du patio de cette demeure où le zellige fassi orne sobrement le parterre et habille gaiement les murs avant de céder la place au bois et autre gypse. Ces derniers s’approprient plafonds et colonnes pour leur donner une touche à la fois contrastée (foncé-claire) et complémentaire par l’interpénétration des sculptures et arabesques.

Outre les demeures, la fonctionnalité et la beauté se retrouvent dans d’innombrables ustensiles qui étaient d’usage courant dans les maisons marocaines et dont le temps et l’évolution en ont fait des pièces d’antiquité.

Ainsi de cette petite table en bois, datant de la fin du 19-ème siècle, où fleurs et roses viennent donner du ton et de la couleur à un fond plutôt sombre. En plus de sa mission de support, ce meuble remplissait la fonction de préserver au pain toute sa chaleur en attendant la cuisson du tagine.

Le travail de l’argile est un autre domaine ou le doigté a toujours excellé. On appréciera les finesses de cette jarre en argile servant à la conservation des huiles, la parfaite adhésion des deux parties de ce couscoussier en terre cuite, ou la spirale qui donne un double mouvement à ce moulin à grains en pierre, sortis tout droit de la vallée des Aït Bougmez.

Plus loin, l’argile cède la place au cuivre et autres métaux et ouvre la voie à un travail plus minutieux d’estampillage et d’ornements qu’exhibe fièrement ce fameux lave mains (communément appelé Tasse), ce présentoir qui servait à la distribution de gâteaux lors des fêtes ou encore cette imposante bouilloire capable de "ravitailler" une armada de théières en eau chaude.

Et qui dit fêtes dira tapis. Et là encore, ceux du Haouz patiemment "brodés" par les mains expertes des ouled Bousbaa ou encore les tapis Hanbal, minutieusement tissés dans les méandres du moyen Atlas, étalent impérialement leurs charmes.

Toujours côté produits tissés, se distinguent deux pièces rares et d’une grande beauté confectionnées par les mains habiles des femmes des Aït Oufqa (ouest du Moyen Atlas).

D’abord cette étoffe en laine, dont l’âge est situé entre 1667 et 1790, à qui on a donné le nom de Handira. Elle était, explique la légende, jetée sur les épaules pour les préserver du froid.

Et puis cette couverture pour nouveaux nés, tissée en fine laine, datant du milieu du 19-ème siècle. L’âge et l’usage n’ont rien eu de cette étoffe qui a bien conservé ses douces couleurs.

Sans être guidée par une dimension chronologique, l’exposition se termine par l’architecture moderne où le traditionnel a gardé sa place.

Ainsi est-il de l’immeuble "17 étages" à Casablanca, dont les formes extérieurs en creux et en crêtes contrastent avec le tracé rectiligne des constructions avoisinantes et renvoient au jeu des vagues de la mer atlantique, qu’on aperçoit du haut de cette tour, la première à être construite au Maroc.

MAP

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