Anciens combattants : La France leur redit ’merci’

- 12h06 - France - Ecrit par :

Ils étaient à l’honneur dans plusieurs villes du Maroc. Mardi 23 novembre 2004, la France a rendu hommage à des centaines d’anciens combattants marocains qui ont milité sous ses couleurs, il y a 60 ans.

Un geste symbolique de la France en direction des anciens combattants marocains. Quelques mois après la commémoration en France du soixantième anniversaire du débarquement de Provence, ces anciens combattants (du moins ceux qui sont encore visibles) ont été solennellement décorés de la légion d’honneur, dans plusieurs villes du Maroc.
Le même jour à la même heure, le geste a été fait à Rabat, Casablanca, Tanger, Fès, Khénifra, Errachidia, Settat, Marrakech et Agadir. Quelque 160 décorations au total, pour “dire merci” à ces hommes venus du Sud défendre la cause française contre l’Allemagne nazie. A Rabat, l’ambassadeur de France Philipe Faure, a remonté le fil de l’histoire et tenté de la résumer : “en juin 1940, alors que tout semble perdu, le Général de Gaulle fait renaître l’espoir et appelle la France combattante à prendre les armes (...). Sous l’impulsion du Sultan Mohammed Ben Youssef, près de 90.000 Marocains combattent aux côtés de leurs camarades français et africains (...) Ils vont, avec courage, écrire quelques-unes de
nos plus belles pages d’histoire militaire”. L’ambassadeur français
leur aurait ainsi remis “un témoignage de reconnaissance de la France et du peuple français”.
En effet, ces 90.000 jeunes combattants improvisés, souvent des adolescents, ont été débarqués partout où flottait le drapeau français. Ils étaient impliqués dans les campagnes de France, d’Italie, de Tunisie, d’Algérie et d’Allemagne et dans les opérations de Corse. Engagés comme goumiers ou tirailleurs, ils auront fait montre de beaucoup de courage et de mérite. Aujourd’hui, six décennies plus tard, ces anciens combattants semblent vivre avec le souvenir de ce passé militaire dont ils sont si fiers. A la résidence de l’ambassadeur, l’ambiance était particulière, les quinze anciens combattants, affichant bravement leurs décorations étaient les vedettes. Ils se saluaient, se félicitaient, se rappelaient les souvenirs de guerre, se parlaient un jargon militaire (des termes français prononcés avec un accent purement marocain) qui faisait sourire toute l’assistance mais qu’ils étaient les seuls à comprendre. Un monde d’“anciens combattants” toutefois facilement pénétrable, puisque ces hommes de guerre, très extravertis, sont ravis dès que l’on montre un brin d’intérêt pour leur passé. Demandez à un ancien combattant un seul détail sur son parcours militaire et vous saurez beaucoup
sur l’histoire du Maroc de l’époque coloniale. Leur âge avancé ne déstabilise en rien leurs mémoires qui restent, pour plusieurs, infaillibles. Ils se rappellent tout. Les dates, les endroits, les personnes et les évènements.
Touma Lahoussine nous a fait revivre ses aventures au sein de l’armée française qu’il a intégré en 1939. Sa première opération s’est faite en Tunisie : “nous y avons passé six mois à combattre les Allemands pour les empêcher de rentrer dans le pays”. Quand il dit “nous”, Touma parle de l’armée française avec un réel sentiment d’appartenance. “Nous sommes ensuite rentrés au Maroc à Azilal. C’est à ce moment là que Churchill, Roosevelt et De Gaulle sont venus s’entretenir avec Mohammed V pour lui demander d’envoyer à nouveau ses hommes faire la guerre à leur côté contre l’Allemagne, en contrepartie de sa souveraineté sur le Maroc”. C’est ainsi que le jeune homme a, pour la deuxième fois, plié bagages en direction de la Tunisie. Il y passera cette fois-ci deux bonnes années à combattre sous le drapeau français avant d’être dirigé vers la Corse. “Nous sommes restés six mois à Bastia puis à Ajaccio d’où nous avons chassé les Allemands. Nous sommes ensuite remontés à Marseille, Dijon, Besançon, Paris, Strasbourg... jusqu’en Allemagne”, se plait à nous raconter Touma Lahoussine qui est finalement rentré au Maroc en 1945, année de l’armistice.

La Vie Economique

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