20,42/20 au bac, une grande école d’ingénieurs, mais plus de 70 CV pour un simple stage
En 2019, Yahya Achou Ouiy obtenait 20,42/20 au baccalauréat français. Sept ans plus tard, ce fils de Marocains, devenu ingénieur et consultant, raconte avoir envoyé plus de 70 CV pour trouver son premier stage.
Il parle quatre langues, a étudié à Louis-le-Grand et intégré l’ENSTA Paris. Pourtant, lors de sa recherche de stage, Yahya Achou Ouiy affirme avoir multiplié les candidatures. « J’ai dû envoyer plus de 70 CV pour obtenir un premier stage », confie-t-il dans un entretien accordé le 7 octobre au Courrier de l’Atlas.
Né à Rome en 2001 de parents marocains, Yahya s’installe à Lille en 2016, à 15 ans, sans maîtriser le français. Trois ans plus tard, il décroche 20,42 de moyenne au bac scientifique. Il figure parmi les meilleurs bacheliers de France.
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Son père ne sait ni lire ni écrire. Sa mère a quitté l’école tôt. À Marrakech, son oncle lui soumet des problèmes de mathématiques. Yahya poursuit ensuite ses études en classe préparatoire à Louis-le-Grand, puis à l’ENSTA Paris.
Les diplômes ne suffisent pas toujours
L’obstacle n’était pas uniquement professionnel. Pour son premier stage, le jeune homme raconte s’être retrouvé hébergé chez un ami après le refus de son dossier de logement, malgré un garant ingénieur. Il attribue cette décision à son prénom et à sa nationalité italo-marocaine.
Aujourd’hui consultant en stratégie et créateur de contenu, Yahya a publié Un vécu de prépa, un livre rassemblant 200 témoignages anonymisés d’étudiants. Dans un portrait publié en juillet, il se décrit comme une « anomalie statistique » et critique la place des réseaux familiaux dans l’accès aux grandes écoles.
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Il veut ouvrir les grandes écoles aux jeunes de milieux modestes. Dans son entretien d’octobre, il défend une refonte de Parcoursup et des contrôles contre les discriminations à l’embauche.