Le Maroc est une « fabrique de supermatheux » qui surclassent les Français

- 07h00 - France - Ecrit par : S.A

Au fil du temps, le Maroc est devenu une fabrique de supermatheux. Une réputation reconnue en France où les bacheliers marocains performent beaucoup mieux en maths que les Français.

« Les Marocains ont la réputation d’être de très bons matheux, souligne Gérald Brun, attaché de coopération scientifique à l’ambassade de France au Maroc. Eux n’ont pas subi les multiples réformes du bac et suivent un programme en sciences similaire à celui de la France des années 1980. » En témoignent les nombreux étudiants marocains qui brillent aux concours des grandes écoles françaises telles que CentraleSupélec, Essec, Arts et métiers, HEC… « Chaque année lors du concours de notre bachelor, les bacheliers marocains performent en général mieux en maths que les Français », constate Hugues Levecq, directeur du campus Afrique de l’Essec.

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Cette réputation s’explique par l’importance accordée aux maths dans le royaume : une dizaine d’heures de cours par semaine dans la filière sciences-maths. « La figure de l’ingénieur est ici très valorisée, décrypte encore Hicham Sebti, directeur adjoint du campus Afrique de l’Essec à Rabat. De nombreux grands commis de l’État ou de PDG sont notamment passés par de prestigieuses écoles françaises. » À l’opposé de la France, le Maroc a aussi réussi à orienter massivement les filles vers les sciences, avec 42 % de diplômées. Cette réputation est aussi le fruit du travail abattu par un réseau de classes préparatoires publiques et privées inédit qui ne cesse de s’agrandir avec le soutien des autorités et de groupes privés.

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« Nos concurrents sont Henri-IV ou Louis-Le-Grand. Mais contrairement à ces prépas qui recrutent dans un vivier très restreint de lycées parisiens, nous sélectionnons les meilleurs élèves à travers plus de 400 établissements du royaume, notamment dans les provinces les plus rurales », revendique Christophe Boeckel, directeur des classes préparatoires du Lycée Mohammed VI d’Excellence (ex-Lydex) de Benguérir, qui a placé 16 élèves, dont Yasser Oufqir, à l’X l’an dernier. Celui-ci figure parmi les 29 étudiants marocains qui ont rejoint le cycle ingénieur en 2024, sur 140 places ouvertes aux internationaux. « Depuis le lycée, j’ai tout donné pour entrer à l’École polytechnique. C’est le Graal au Maroc pour faire partie de l’élite », raconte le jeune homme de 21 ans, ceinture noire de taekwondo.