Son instituteur lui disait de ne pas viser trop haut, ce fils de Marocains est devenu professeur
Aux Pays-Bas, Karim Amghar avait obtenu un résultat lui ouvrant les portes d’études longues. Son instituteur lui a pourtant conseillé une filière moins ambitieuse. Ce fils d’immigrés marocains enseigne désormais à des jeunes qu’il refuse, à son tour, de sous-estimer.
« Ne vise pas trop haut. Ne sois pas trop ambitieux. » Karim Amghar se souvient encore des mots de son instituteur. À la fin de l’école primaire, son résultat au test Cito correspondait aux filières havo/vwo, qui donnent accès aux études supérieures. Son enseignant lui conseille pourtant le vmbo-kader, une voie professionnelle de niveau inférieur.
Né aux Pays-Bas de parents marocains, Karim grandit à Bleiswijk, près de Rotterdam, dans une famille de onze enfants. Ses parents ne savent ni lire ni écrire. Lui espérait poursuivre sa scolarité avec ses amis. « Cela m’a brisé le cœur », a-t-il confié lors d’un colloque à Nimègue, le 15 octobre, selon Ey ! Daily.
L’adolescent se détourne progressivement de l’école. Il raconte avoir manqué 80 % des cours lors de deux formations professionnelles et envisage de tout arrêter. Son frère l’encourage à tenter le supérieur et lui obtient un test d’admission. Karim réussit l’épreuve. Parallèlement, Hans, un policier de quartier, prend régulièrement le temps de discuter avec lui, raconte-t-il à Gers ! Rotterdam.
De l’élève découragé au professeur
La suite le ramène dans une salle de classe, mais de l’autre côté du bureau. Après un emploi dans le privé, il devient enseignant en formation professionnelle, puis écrivain et présentateur de télévision. Il s’efforce de prendre ses élèves au sérieux, même lorsque leurs résultats ou leur comportement les desservent.
Lors de sa conférence à l’université HAN, il a rappelé le rôle décisif de son frère et du policier. « J’avais besoin de quelqu’un qui croyait en moi », rapporte l’université HAN dans son compte rendu publié le 26 octobre.
Sur Bladi.net : Marocains de Belgique : à l’école, cette orientation qui laisse des traces
Le 15 octobre, Karim Amghar a aussi proposé de réduire la taille des classes dans les quartiers défavorisés, afin que les enseignants accordent davantage de temps à chaque enfant.