Belgique : Mohamed part en guerre contre les horodateurs sans pièces
À Woluwe, Mohamed Azouzi a mené sa propre enquête sur la disparition du paiement en espèces des horodateurs. Cette transition vers le tout-numérique soulève de lourdes questions sur son coût réel et l’exclusion des usagers les plus vulnérables.
L’étonnement a rapidement laissé place à l’investigation. Ce riverain de Woluwe-Saint-Lambert a constaté avec stupeur l’impossibilité d’insérer des pièces dans la machine de son quartier. Si le règlement communal autorisait encore ce moyen de paiement en 2020, une modification discrète de l’article 6 a supprimé cette option dès octobre 2021. Bien décidé à obtenir des réponses, ce citoyen tenace a fait valoir l’article 32 de la Constitution pour accéder aux documents administratifs, comme l’explique La DH.
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Les chiffres officiels communiqués par l’administration ont de quoi surprendre. La mise à jour de 109 terminaux pour retirer le monnayeur et intégrer le sans contact a englouti plus de 204 000 euros. Ce marché, remporté par l’entreprise française Flowbird, s’accompagne d’un contrat de maintenance facturé 186 000 euros sur trois ans. En mai 2025, le parc est tombé à 85 appareils actifs, faisant grimper la facture globale à 4 590 euros par horodateur, un montant assumé par le contribuable.
Pour justifier cette bascule, les autorités locales ont d’abord brandi la menace du vandalisme. Une excuse balayée par la police locale, qui confirme qu’aucun vol dans un parcmètre n’a fait l’objet d’un procès-verbal depuis 2016. Prise en défaut, la commune a ensuite invoqué la sécurité de son personnel de contrôle, affirmant n’avoir aucune obligation légale de maintenir les espèces. Elle invite d’ailleurs les réfractaires à se garer dans les zones bleues, situées plus loin.
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Cette politique interroge sur la place des personnes âgées ou déconnectées dans l’espace public. « Il ne s’agit pas de rejeter le progrès, mais de comprendre pourquoi une option existante a été supprimée », s’agace Mohamed Azouzi, qui rappelle qu’une règle entrée en vigueur en mars 2024 exige théoriquement le maintien de la monnaie. Sur le plan financier, la mairie refuse de préciser les recettes générées par ces nouvelles bornes, tandis que les véhicules de contrôle ont déjà épinglé 20 000 stationnements impayés en quatre ans.