Les cabanons de Bouznika devaient être évacués : le gouvernement suspend tout
Les quelque 300 villas et cabanons de Bouznika Plage ne devront finalement pas être évacués avant le 15 septembre. Les mises en demeure adressées aux occupants sont suspendues dans l’attente d’un arbitrage du chef du gouvernement.
Les propriétaires peuvent provisoirement souffler. Dans un courrier adressé à ses membres, le président de l’Association Bouznika Plage (ABP), Ahmed Hakimi, leur a annoncé que les ordres d’évacuation reçus ces dernières semaines devaient désormais être considérés comme « sans effet ».
Cette suspension fait suite à un échange intervenu jeudi 27 août entre l’association et le ministère de l’Équipement et de l’Eau, rapporte Le360. La décision définitive sur le sort des constructions reviendra toutefois au chef du gouvernement.
Entre la mi-juillet et la mi-août, des huissiers de justice avaient remis des mises en demeure aux occupants d’environ 300 villas et cabanons. Ils devaient libérer les parcelles avant le 15 septembre et les restituer dans leur état initial.
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En cas de refus, l’administration menaçait d’engager des procédures administratives et judiciaires pouvant aller jusqu’à l’intervention de la force publique. La suppression de toute occupation impliquait, selon les résidents, de démolir eux-mêmes les constructions avant de rendre les terrains.
Les mises en demeure ne prévoyaient ni indemnisation ni solution de relogement. Certaines autorisations temporaires d’occupation, accordées pour vingt ans, ont expiré le 31 décembre 2014.
Le statut des terrains au cœur du conflit
Pour l’administration, les résidents sont de simples exploitants de parcelles relevant du domaine public maritime. Ils auraient construit ou continué à occuper les lieux sans disposer de titres fonciers individuels ni d’une autorisation encore valable.
L’Association Bouznika Plage conteste cette version. Elle affirme qu’une étude topographique situe les villas et cabanons sur les titres fonciers 460/R et 1854/R, qui appartiendraient au domaine privé de l’État et non au domaine public maritime. Une expertise judiciaire aurait, selon elle, confirmé cette délimitation.
La distinction est décisive. Si les terrains appartiennent au domaine privé de l’État, les résidents pourraient demander une régularisation ou leur acquisition. S’ils relèvent du domaine public maritime, leur maintien devient beaucoup plus difficile juridiquement.
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Le bras de fer ne date pas de cet été. Des propriétaires avaient déjà reçu des courriers similaires en 2018 et 2019. Les autorisations arrivées à échéance et le statut exact des parcelles alimentent les discussions avec l’administration depuis 2014, rappelle de son côté Médias24.
La suspension ne signifie donc ni que les cabanons sont régularisés ni que leur démolition est définitivement abandonnée. Elle bloque seulement l’évacuation prévue le 15 septembre, en attendant que le chef du gouvernement décide si l’opération doit reprendre, être modifiée ou abandonnée.