M’diq : l’appartement d’un MRE démoli, les résidents crient à l’injustice

- 20h00 - Maroc - Ecrit par : P. A

Les autorités de M’diq ont procédé à la démolition d’un appartement au rez-de-chaussée appartenant à un Marocain résidant à l’étranger (MRE), laissant les étages supérieurs en l’état. Un acte qui a suscité l’indignation des autres résidents du complexe qui craignent pour leur vie.

Un cordon de sécurité et des barrières métalliques ont été installés autour d’un complexe résidentiel, avant que des engins ne procèdent à la démolition de l’appartement du MRE, sous la supervision des policiers et des membres des forces auxiliaires. Les résidents dénoncent le caractère « illégal » de cet acte, assurant avoir acquis ces biens dans les règles et qu’ils détiennent tous les documents de propriété. Les habitants du complexe affirment qu’ils ont acquis ces appartements il y a environ sept ans auprès d’une agence immobilière, dans le cadre d’un projet autorisé en 2007.

Les concernés dénoncent cette forme d’expulsion et invitent les autorités compétentes à intervenir en urgence pour préserver leur dignité ainsi que leurs droits et leurs biens. Ils informent que la décision de démolition invoquée par les autorités date de 2018, et qu’elle visait la société immobilière et non les résidents qui sont propriétaires. Ils appellent à l’ouverture d’une enquête sur cette affaire qui « porte atteinte à leur droit au logement » et à la suspension des démolitions.

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Un collectif de six organisations de défense des droits humains a publié un communiqué pour témoigner sa solidarité avec les habitants du complexe, dénonçant ce qu’elle a qualifié de « pratiques d’intimidation ». Le collectif a appelé à l’application de la Constitution et des lois en vigueur de la loi, dans le respect de la dignité et des droits des résidents. Ils ont exprimé leur indignation face à ces démolitions visant des appartements habités, en violation des droits fondamentaux des résidents.

« Comment des décisions peuvent-elles être prises à l’encontre de citoyens résidant dans des appartements construits et protégés par des titres de propriété légaux ? Comment de telles contradictions flagrantes peuvent-elles être tolérées ? Comment cette décision a-t-elle été prise ? Qui en est à l’origine ? Existe-t-il des instructions particulières qu’on hésite à révéler ? », a demandé le collectif qui a réclamé l’ouverture d’une enquête indépendante sur ces violations, l’arrêt immédiat des démolitions, et la transparence dans cette affaire. Les organisations ont aussi demandé le rétablissement de l’eau et de l’électricité aux résidents.

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