Pourquoi le Maroc ne sait pas profiter des MRE

- 18h00 - Maroc - Ecrit par : Sébastien A.

Les Marocains résidant à l’étranger (MRE) boostent l’économie marocaine grâce à leurs transferts de fonds. Cependant, ils sont des leviers essentiels insuffisamment utilisés par le Maroc en raison de certains obstacles.

Le roi Mohammed VI a longtemps montré son attachement aux MRE, qui, selon lui, ne sont pas juste des expatriés, mais des ambassadeurs du Maroc à l’échelle mondiale. Tant leur contribution à l’économie marocaine est importante. Seulement, un potentiel d’investissement massif reste inexploité, en raison notamment de procédures administratives obsolètes et d’offres bancaires limitées. « Ce n’est pas suffisant de les appeler quand bon nous semble. L’État doit structurer leur action et créer un véritable partenariat, avec des objectifs clairs », estime Nezha Chekrouni, ex-ministre des MRE, auprès du magazine Jeune Afrique.

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En 2024, les transferts de fonds des MRE ont atteint la somme record de 117,7 milliards de dirhams, soit une augmentation de 2,1 % par rapport à l’année précédente. Seulement 2,9 % des MRE investissent dans des projets productifs au Maroc. L’une des raisons : les offres bancaires limitées. « L’État et les banques n’ont pas su capter l’immense potentiel d’investissement des MRE. Les solutions proposées sont figées, stéréotypées, centrées uniquement sur l’immobilier », se désole Mohamed Abdi, expert en politiques publiques, recommandant des produits financiers diversifiés, en particulier dans les nouvelles technologies, pour attirer cette génération de MRE, connectée et en quête de nouveaux défis.

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Le Maroc compte une importante diaspora. Au moins 6 millions de MRE – un chiffre sous-estimé – sont expatriés. Parmi eux, des diplômés, des hommes et des femmes qui occupent des positions influentes dans des secteurs comme la science, la culture ou l’entrepreneuriat. Les plus connus sont Moncef Slaoui, ancien coordinateur de la stratégie vaccinale américaine, Leïla Slimani, Prix Goncourt 2016, etc. Au-delà de leur contribution à l’économie marocaine, ils représentent une élite dont a besoin le Maroc pour poursuivre son processus de développement. « Ces gens brillent dans tous les domaines : de la science à la culture, du sport à l’entrepreneuriat, fait savoir Neila Tazi, présidente de la commission des Affaires étrangères. Ils sont des leviers essentiels pour le Maroc ».

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