Vols chers, procédures lourdes : les raisons d’un désamour des MRE

- 11h00 - Maroc - Ecrit par : S.A

Des groupes parlementaires critiquent le ministre de l’Investissement et de la Convergence des politiques publiques, Karim Zidane, à cause de ce qu’ils ont qualifié de participation « faible » des Marocains du monde aux investissements.

Le gouvernement marocain ne sait pas profiter des Marocains résidant à l’étranger (MRE), ce qui agace certains députés. Selon Abdelhak Amghar, du groupe socialiste – opposition ittihadie, les transferts des MRE ont atteint 117 milliards de dirhams, mais c’est seulement 10 % de ses fonds qui sont orientés vers l’investissement. Il a relevé l’absence de mise en œuvre des orientations royales contenues dans plusieurs discours royaux sur le soutien et l’encouragement des Marocains du monde à investir dans leur pays. À l’en croire, les réponses du ministre chargé de l’investissement ne convainquent plus, ni à l’intérieur ni à l’extérieur.

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Selon Amghar, cet échec du gouvernement s’explique par la persistance des « complications des procédures administratives ». L’investisseur « se perd » entre les administrations, a-t-il indiqué. Il pointe également « l’absence de liaisons aériennes directes, notamment depuis la province d’Al Hoceïma, qui souffre, selon lui, de l’absence de vols aériens importants et directs vers l’Espagne, la France et l’Allemagne, sans parler de l’augmentation vertigineuse des prix des billets, notamment vers les Pays-Bas et la Belgique ». « Est-ce dans ces conditions que nous allons encourager les Marocains du monde à investir dans leur pays ? », a questionné l’élu.

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Selon le député Omar El Baz, du groupe haraki, la réalité montre que le volume des investissements n’a pas l’effet escompté sur l’emploi, bien que l’investissement, national ou étranger, soit l’entrée principale pour lutter contre le chômage. « Bien que ce que nous entendons du Comité national des investissements donne un certain espoir, le coût financier élevé des projets ne se répercute pas sur la réalité de l’emploi dans notre pays. L’exigence a toujours été la justice territoriale dans la répartition des investissements », a-t-il indiqué. El Baz appelle donc à œuvrer pour l’autonomisation territoriale des jeunes, accompagnée d’opportunités d’emploi.

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De son côté, la députée du groupe haraki, Aziza Boujrida, a souligné la nécessité d’augmenter la part de contribution de la diaspora marocaine dans les investissements nationaux, qui ne dépasse pas actuellement 10 %, selon ses propos. Elle a appelé à la création d’une agence nationale pour accompagner les investissements des Marocains du monde. Elle a également insisté sur la nécessité d’écouter les MRE et de simplifier les procédures administratives. Le député du groupe Authenticité et modernité, Aziz Lebbar, renchérit : il a appelé à « accélérer la simplification des procédures administratives au lieu de traîner et à donner la priorité aux personnes sérieuses et aux Marocains du monde en particulier, afin d’appliquer les instructions royales ».

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Le groupe istiqlalien de l’unité et de l’égalitarisme abonde dans le même sens que les précédents groupes. Les programmes gouvernementaux n’ont pas d’impact sur les taux de chômage élevés ni sur la création d’opportunités d’emploi, a-t-il indiqué, tout en reconnaissant l’existence de problématiques dans la mise en œuvre de ces programmes et investissements sur le terrain, ainsi que des problèmes de convergence entre les ministères. À titre illustratif, il évoque la situation de la ville de Tétouan. Celle-ci souffre d’un manque de création d’opportunités d’emploi, notamment pour les jeunes.

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