MRE : Vacances gâchées par des tracasseries administratives

- 20h00 - Maroc - Ecrit par : Bladi.net

C’est avec un sentiment mêlé de lassitude et de colère que les Marocains résidant à l’étranger (MRE) vont commencer à débarquer dans les ports marocains dans les prochains jours.

Après un long voyage, parfois de plusieurs jours, ils se heurtent à des files d’attente interminables pour accomplir des formalités administratives fastidieuses : remplir des fiches de police, faire tamponner leur passeport et enregistrer leur véhicule. Cette procédure laborieuse peut s’éterniser dans le bateau, alors qu’ils ne demandent qu’à se reposer pour ensuite reprendre la route sur plusieurs centaines de kilomètres à travers le Maroc.

Tandis que les voyageurs aériens sont dispensés de ces fiches de police depuis 2019, les MRE se sentent injustement discriminés. « C’est vraiment dommage de gâcher nos retrouvailles avec la famille par des tracasseries administratives », déplore Samira, 35 ans, habitante en France, interrogée par Bladi.net. « On a l’impression d’être des citoyens de seconde zone », renchérit Karim, 40 ans, résidant en Belgique.

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Fatima, 50 ans, habitant aux Pays-Bas, exprime son dépit : « Je suis tellement déçue par la façon dont les MRE sont traités au Maroc. On nous considère comme des vaches à lait, juste bonnes à envoyer de l’argent. On ne se sent ni respectés ni valorisés. Il m’est arrivé de passer tout le temps de la traversée, debout, avec mes enfants, pour finaliser les formalités. Et quand on pense que c’est fini avec la police, il faut se diriger vers les douaniers pour la procédure concernant les véhicules. »

Amina, 25 ans, habitante en Espagne, a carrément décidé de boycotter le voyage en bateau : « Je ne comprends pas pourquoi les autorités marocaines ne font rien pour simplifier les procédures pour les MRE. La procédure peut être parfois tellement longue qu’elle dure pendant toute la traversée. S’ils réfléchissaient mieux, ils pourraient mieux gérer la situation. On parle très souvent de dématérialisation et de simplification, mais moi je les attends toujours. Quel est l’intérêt d’avoir un passeport biométrique, une Carte nationale dont on se vante qu’elle est électronique pour qu’au final, on soit obligé de rester pendant toute la traversée pour ces procédures ? »

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Face à cette situation, certains MRE lancent un appel pressant aux autorités marocaines pour simplifier les procédures administratives et leur faciliter le retour au pays. Ils réclament la suppression pure et simple des fiches de police pour les MRE, à l’instar des voyageurs aériens. De même, une procédure simplifiée doit être trouvée pour les voitures qu’ils puissent passer le moins de temps possible en douane.

La suppression des fiches de police ne serait pas qu’une simple question de commodité, mais aussi de respect et de dignité. Les MRE sont des citoyens marocains à part entière et ils méritent d’être traités comme tels. Ils contribuent activement au développement du pays à travers leurs envois de fonds et leur engagement au sein de leur pays d’accueil pour défendre, quand il le faut, le Maroc. Il est temps que les autorités marocaines reconnaissent leur valeur et leur apport.

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