CAN 2025 : face au paradoxe des « tribunes fantômes », la CAF ouvre les vannes
C’est une décision radicale pour sauver l’image de la compétition. Face au constat de gradins parfois désespérément vides lors des premières minutes de certaines rencontres, la CAF et le comité d’organisation ont opté pour le pragmatisme : l’accès aux stades devient gratuit environ 20 minutes après le coup d’envoi pour les matchs à faible affluence.
Cette mesure vise à contrer un phénomène qui entache le début du tournoi : le paradoxe des matchs affichés « complets » sur la billetterie en ligne, mais qui se jouent devant des sièges vides. L’exemple le plus frappant a été observé au Grand stade d’Agadir. Lundi, lors d’Égypte-Zimbabwe, les hymnes ont résonné devant moins d’un millier de spectateurs, avant que l’ouverture des portes ne fasse grimper l’affluence à plus de 28 000 personnes. Le scénario s’est répété mercredi pour Cameroun-Gabon, où le stade s’est garni progressivement après l’entame du match.
Du chaos de la billetterie à la « CAN du peuple »
Cette stratégie d’ouverture tente de réguler une situation qui avait déjà provoqué des remous à Rabat. Lors du match Algérie-Soudan, bien que la rencontre fût officiellement « sold out », le stade sonnait creux au coup d’envoi. Cette incohérence avait entraîné des distributions sauvages de billets et des échauffourées, notamment devant l’hôtel de la sélection algérienne, où des fans s’étaient sentis humiliés par une organisation défaillante.
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Désormais institutionnalisée, cette gratuité retardée est saluée sur les réseaux sociaux comme l’avènement d’une « CAN du peuple ». Toutefois, elle n’est pas sans risques sécuritaires, provoquant par endroits des mouvements de foule soudains aux portes des enceintes. Une mesure d’urgence qui ne concerne évidemment pas les matchs du Maroc, qui continuent de se jouer à guichets fermés et combles dès l’échauffement.