« Cap Malabata » de Dominique Marny : nostalgie marocaine

- 22h57 - Maroc - Ecrit par :

Dominique Marny est une grande voyageuse. Elle a déjà dédié des romans à des villes de légende comme Darjeeling, Pondichéry ou encore Le Caire. Elle ne pouvait oublier dans ce parcours des villes romanesques et mythiques Tanger. Cap Malabata restitue fidèlement l’ambiance d’une ville unique.

C’est au cours des dernières années du protectorat que Dominique Marny a choisi de camper l’histoire de son dernier roman " Cap Malabata ". Nous sommes en 1950 et nous découvrons la ville de Tanger qui jouissait alors d’un statut international grâce au regard d’Olivia, une jeune fille de 22 ans qui vient d’hériter d’une fortune colossale à la mort de son père. Un père mystérieux qu’elle n’avait jamais rencontré et qui avait choisi de vivre seul dans cette ville adorée par les artistes et les grands voyageurs.

Dans la somptueuse " Villa mauresque " qui domine le Détroit de Gibraltar, la jeune fille découvre, fascinée et éblouie, une société cosmopolite. A travers certaines rencontres avec d’autres français de passage ou installés à Tanger, la jeune fille sort de son cocon et donne un sens à son existence. Tout au long du roman défilent des personnages hauts en couleurs.

Sam, le photographe débordant de vie et de vitalité et qui cache, au fond de son cœur de profondes blessures, Antoine, l’autre écorché vif qui ne s’est jamais pardonné la mort de son jeune frère au cours des années de la résistance dans les maquis français, Paul, le médecin si attachant et qui se voue corps et âme à son métier, Victor qui emprisonne avec sa caméra des moments magiques et qui réalise de magnifiques documentaires, Elisabeth, la jeune fille aux multiples talents et qui s’éprend éperdument d’un Touareg ou encore Alicia Hartwell, une richissime héritière américaine qui ne trouve aucun sens à sa vie et qui, grâce à ses amis, commence peu à peu à se réconcilier avec la vie. Des sensations fortes et des moments d’émotion intenses se dégagent de ce roman. Olivia ne désire plus partir à Paris, mais choisit de travailler à Tanger même.

Elle accomplit, avant de s’installer dans la vie active, un voyage au cœur du Sahara. En compagnie de tous ses amis, elle découvre des espaces magiques, des étendues désertiques et une vie simple. Les villes impériales sont restituées fidèlement. La romancière s’amuse même à raconter de belles histoires sur quelques dynasties. Le reportage de Victor et d’Elizabeth sur les Hommes bleus est un prétexte trouvé pour s’arrêter sur les coutumes et les habitudes d’une tribu libre et qui vit en symbiose avec la nature. Le désert marquera de façon indélébile tous ces compagnons de route.

Elizabeth découvre même l’amour, mais elle doit y renoncer. Olivia et Paul se rapprochent. Ils ont en commun le désir de venir en aide aux populations déshéritées. Un projet d’une pouponnière et d’un dispensaire voit le jour. La jeunesse oisive qui coulait des jours insouciants à Tanger se mobilise pour faire aboutir le projet. Et petit à petit, Olivia découvre aussi les raisons qui ont poussé son père à quitter sa famille pour vivre au Maroc. Roman léger qui ne s’appesantit jamais sur la misère locale tout en laissant entrevoir quelques pans de la réalité au moment du protectorat, "Cap Malabata " devrait être considéré comme il est : un roman d’évasion, de mystère et de passion qui livre les couleurs du Maroc.

Cap Malabata de Dominique Marny, 327 pages

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