À Casablanca, les plages ne seront plus à vendre

- 08h00 - Maroc - Ecrit par : J.K

C’est une révolution pour les estivants. Dès cet été, l’accès aux plages de Casablanca et à leurs parkings sera totalement gratuit. Les autorités mettent fin aux privatisations abusives pour rendre le littoral aux citoyens, malgré le défi de l’incivisme.

Le sable casablancais n’est plus à vendre. Fini le diktat des loueurs de parasols et de transats qui confisquaient le bord de mer. Sous l’impulsion de Mohamed Mhidia, wali de la région, les appels d’offres pour l’exploitation commerciale du littoral ont été purement et simplement annulés. Les automobilistes peuvent également souffler : le stationnement à proximité immédiate des vagues devient gratuit, balayant au passage le système des rabatteurs en « gilets jaunes ». D’après les informations de Le360, un opérateur local a d’ailleurs confirmé l’annulation de son marché estival. Une source proche du dossier prévient : « Les plages de Casablanca doivent rester des espaces publics ouverts à tous, sans qu’aucun paiement ne soit exigé pour en profiter ».

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Cette thérapie de choc s’appuie sur un test grandeur nature mené l’an dernier au sud de la métropole, à Dar Bouazza. Les pouvoirs publics y avaient démoli les installations privées pour déployer des abris en paille accessibles au premier arrivé. Si les vacanciers ont retrouvé le droit de planter leur propre matériel librement, la pérennité de l’opération exige des contrôles drastiques.

Les forces de l’ordre doivent intensifier leur présence pour empêcher le retour des affairistes ou la prolifération des vendeurs ambulants. L’administration locale se montre intransigeante : « Aucune forme d’exploitation anarchique du domaine public maritime ne sera tolérée ».

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Reste un dernier obstacle de taille à surmonter : le comportement des usagers. La libération des espaces publics se heurte de plein fouet au fléau de la pollution. Bouteilles en verre, emballages plastiques et canettes transforment trop souvent les criques en décharges à ciel ouvert. Le phénomène prend même des proportions délirantes lorsque des familles installent tentes de camping et gazinières sur la plage, abandonnant des montagnes de déchets derrière elles. Face à l’épuisement des équipes de nettoyage qui travaillent sous un soleil de plomb, un militant associatif résume l’urgence : « Il faut que la loi s’applique ». Le retour à la gratuité nécessitera un sursaut de civisme de la part des citoyens.