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La Chine éternue, le Maroc s’enrhume

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26 février 2020 - 18h00 - Economie

L’épidémie du Coronavirus laisse aussi sur son passage des conséquences d’ordre économique en mettant un frein aux importations des produits chinois. Les commerçants dans les marchés de gros de Derb Omar, Garage Allal et Souk Korea, font les frais de cette situation qui a engendré des pertes énormes et une augmentation du prix des produits.

Alors que le bilan continue de s’alourdir en Chine, suite à la prolifération du coronavirus qui a déjà fait plus de 2442 morts, les premières conséquences économiques se font sentir. Depuis plusieurs semaines, des villes entières sont confinées, mises en quarantaine, des usines et des marchés fermés. Ce n’est pas sans répercussions sur de nombreux pays du monde qui ont des relations d’affaires et commerciales plus qu’étroites avec la Chine. Nombreux sont ceux qui ont déclaré faillite, en attendant que le pays ne quitte la ligne rouge, rapporte H24infos.

Le Maroc fait partie des pays touchés par la situation. A Derb Omar, la plus importante centrale d’achat du Maroc, qui pèse près de 26 % à l’import, selon une étude du CRI de Casablanca, l’impact du coronavirus sur l’activité fait l’unanimité dans les rangs des commerçants. Même refrain à "Garage Allal" et Souk Korea, où les produits chinois sont légion. Les importateurs font face à d’énormes pertes et s’attendent au pire dans les mois à venir, si le virus continue à résister à toutes les mesures enclenchées.

Selon le secrétaire général de l’Union des commerçants et des professionnels de Derb Omar, "même si les autorités chinoises des villes de Guangzhou et Yiwu ont ouvert les portes des marchés, la peur du coronavirus empêche de nombreux commerçants de faire le déplacement vers la Chine".Pour Said Farah, "même les incitations intéressantes qui vont jusqu’à une prise en charge complète, y compris les vols et les hôtels à pension complète, n’ont pas réussi à faire fléchir les commerçants qui craignent pour leur santé".

Les agences de voyages se plaignent aussi des pertes énormes enregistrées. "Pire que l’épidémie, c’est le tapage qui s’en est suivi", regrette un voyagiste qui a requis l’anonymat. Un commissionnaire de transport international, qui a également requis l’anonymat, a déclaré que "hormis les opérations effectuées durant la première moitié du mois de décembre dernier, il n’y a plus aucune activité ".

Dans la même veine, le président de l’Union générale des entreprises et des professions (UGEP), Ahmed Afilal El Alami Idrissi, affirme que "les ventes ont reculé de près de 40 % dans certains segments, à l’image d’une entreprise qui a l’exclusivité de distribution de la marque de l’électroménager Moulinex (Blender, cookeo, robot multifonction, machine à pain, friteuse, grille-pain)".

Pour lui, il faut s’attendre à une augmentation des prix de tous les produits sur lesquels l’importation en Chine représente un certain avantage. Il s’agit entre autres, des tissus, des pièces de rechange automobiles et celles des motos, des casques et autres accessoires, des jouets, des produits de la bijouterie et de l’horlogerie, des importateurs du cuir, notamment les semelles et les sacs, ainsi que tous les produits en plastique.

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