Couper les aides au Maroc ne suffit plus à Vox : il veut récupérer l’argent déjà versé

- 08h00 - Espagne - Ecrit par : Said A.

Après la crise migratoire de Sebta, le parti d’extrême droite espagnol Vox réclame à la Commission européenne les moyens de récupérer les aides déjà versées au Maroc. Bruxelles vient de répondre à cette demande en défendant la poursuite de sa coopération financière avec Rabat.

« Quels mécanismes juridiques la Commission peut-elle invoquer pour récupérer les fonds déjà versés ? » C’est l’une des questions adressées à Bruxelles par l’eurodéputé espagnol Jorge Buxadé, chef de la délégation de Vox au Parlement européen. Dans sa question écrite du 3 septembre, l’élu vise les financements qu’il estime contraires aux objectifs de l’Union européenne, après les arrivées massives de migrants à Sebta fin juillet.

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La démarche va au-delà d’une simple suspension des aides futures. Jorge Buxadé demande également l’annulation de toutes les lignes budgétaires destinées au Maroc, y compris celles consacrées à l’immigration. Il interroge la Commission sur d’éventuelles sanctions concernant les visas, les échanges commerciaux et la coopération avec Rabat.

Le programme migratoire européen prévoit notamment 160 millions d’euros jusqu’en 2027 pour soutenir la politique marocaine d’immigration et d’asile. Le parti ouvertement anti-marocain s’intéresse désormais aux sommes déjà déboursées, dont il conteste l’utilisation au regard des événements de Sebta.

Dans sa réponse écrite, la commissaire européenne Dubravka Šuica confirme la poursuite de la coopération technique et financière avec le Maroc. Elle rappelle que les programmes financés par l’Union européenne sont soumis à des mécanismes stricts de contrôle et de suivi.

Bruxelles considère le Maroc comme un partenaire stratégique essentiel en matière migratoire. Pour défendre ce partenariat, la commissaire cite une baisse de 42 % des franchissements irréguliers sur les routes de la Méditerranée occidentale et de l’Atlantique en 2025, suivie d’un recul de 34 % au premier semestre 2026.

La Commission tire également une conclusion politique de la crise de Sebta : elle estime nécessaire de renforcer la coopération avec Rabat pour prévenir de nouveaux épisodes de ce type. Une orientation directement opposée à la stratégie de suspension des financements défendue par Vox.