Pedro Sánchez réclame des comptes au Maroc, mais refuse de rompre avec Rabat
Pedro Sánchez exclut une rupture des relations entre l’Europe et le Maroc malgré la crise migratoire de Sebta. Interrogé sur les tensions avec Rabat et les soupçons d’espionnage, le chef du gouvernement espagnol défend la coopération bilatérale et annonce 900 retours de migrants vers le Royaume en une semaine.
« Nous avons exigé des mesures et des enquêtes au Maroc. » Pedro Sánchez reconnaît les désaccords avec Rabat, mais refuse d’aller jusqu’à une rupture diplomatique. Interrogé sur les arrivées massives de migrants à Sebta et les soupçons liés au logiciel espion Pegasus, il estime qu’une telle décision serait une erreur pour l’Espagne comme pour l’Union européenne.
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Dans un entretien publié vendredi 9 octobre par elDiario.es, le Premier ministre espagnol invoque la coopération sécuritaire, notamment contre le terrorisme, ainsi que l’importante communauté marocaine installée en Espagne. Il rappelle également que de nombreux Espagnols vivent au Maroc.
« Je ne pense pas qu’il serait intelligent que l’Europe rompe sa relation stratégique avec le Maroc », déclare-t-il, alors que le Parti populaire réclame une attitude plus ferme envers Rabat.
Sánchez maintient cependant la position de Madrid sur Sebta et Melilla, dont il réaffirme la souveraineté espagnole.
900 migrants retournés au Maroc en une semaine
Le chef du gouvernement avance également un nouveau bilan de la crise migratoire survenue les 30 et 31 juillet. Selon lui, 900 migrants ont regagné le Maroc au cours de la semaine précédant l’entretien. Il affirme que les autorités espagnoles poursuivent parallèlement la réinstallation des personnes encore présentes à Sebta.
Interrogé sur les accusations de violences commises par des militaires espagnols contre des migrants, Sánchez confirme qu’une enquête est en cours au sein des forces armées. Si les faits sont établis, assure-t-il, ils ne devront pas rester impunis.
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Sur la gestion des frontières, le Premier ministre défend également la collaboration avec les ONG pour identifier les migrants et examiner les demandes de protection internationale. Il indique vouloir raccourcir certaines procédures administratives, sans supprimer les droits des personnes concernées.
Quant aux relations avec Rabat, Sánchez reconnaît que les tensions migratoires persisteront en raison des différences économiques entre les deux rives. Son gouvernement entend donc poursuivre simultanément le contrôle des frontières, l’accueil humanitaire et la coopération avec le Maroc.