Après Sebta, L’Europe veut payer davantage le Maroc pour verrouiller la frontière
La crise de Sebta pourrait conduire l’Union européenne à accorder davantage de moyens au Maroc. Bruxelles propose de renforcer son soutien financier et technique à Rabat pour mieux surveiller la frontière et empêcher une nouvelle arrivée massive.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, veut approfondir la coopération migratoire avec le Maroc après les événements survenus à Sebta à la fin du mois de juillet.
Sur Bladi.net : Chine-Maroc : un accord qui pourrait isoler l’Europe
Dans une lettre adressée au chef du gouvernement espagnol Pedro Sánchez, elle présente le royaume comme un partenaire essentiel pour protéger les frontières extérieures de l’Union européenne et lutter contre les réseaux de passeurs.
Selon Reuters, Bruxelles envisage notamment de renforcer les systèmes d’alerte précoce ainsi que son soutien technique et financier au Maroc.
La Commission souhaite également améliorer la coopération entre Rabat et Madrid autour de Sebta et Melilla, les deux frontières terrestres entre le Maroc et l’Union européenne.
La crise renforce la place du Maroc
La réponse de Bruxelles peut paraître paradoxale. Malgré la gravité de la crise, l’Union européenne ne remet pas en cause son partenariat avec le Maroc. Elle envisage au contraire de lui donner davantage de moyens pour empêcher qu’un tel scénario se reproduise.
Ursula von der Leyen a salué la coopération entre les autorités marocaines et espagnoles pour réduire les arrivées et organiser le retour des personnes entrées à Sebta.
Cette position rejoint celle du ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, qui a affirmé que le Maroc avait collaboré avec l’Espagne dès les premières heures de la crise.
Pour l’Union européenne, Rabat reste donc un acteur incontournable de sa politique migratoire. Sa proximité avec les côtes espagnoles et son rôle dans la surveillance des routes vers l’Europe placent le royaume au centre du dispositif.
Le Maroc bénéficie déjà de financements européens destinés à la gestion des frontières et à la lutte contre l’immigration irrégulière. Les événements de Sebta pourraient désormais conduire Bruxelles à élargir cette coopération.
Sur Bladi.net : Sebta et Melilla : les pointillés de Google Maps qui fâchent l’Espagne
La crise ne déboucherait donc pas sur une rupture avec Rabat, mais sur un renforcement de son rôle. Après Sebta, l’Europe semble prête à financer davantage le Maroc pour éviter une nouvelle crise à ses frontières.