Course-poursuite mortelle en Belgique : l’interminable marathon judiciaire pour Sabrina et Ouassim
Huit ans après la mort de Sabrina et Ouassim lors d’une course-poursuite à Bruxelles, le procès d’un policier s’ouvre ce jeudi à Nivelles. Leurs proches réclament justice face à un drame qui interroge les méthodes d’intervention.
Le tribunal correctionnel de Nivelles examine lors de deux audiences le rôle d’un agent de la brigade canine. Ce dernier avait été condamné en appel à six mois de prison pour homicide involontaire, la justice estimant qu’il aurait dû anticiper le danger mortel de son barrage. En mars 2025, la Cour de cassation a toutefois annulé cette décision, provoquant la tenue de ce nouveau procès.
Sur Bladi.net : Affaire Ouassim et Sabrina : des policiers devant la justice
La tragédie s’est nouée le 9 mai 2017 vers 21h30. Repérés à Ixelles à cause de leur vitesse excessive, d’un défaut de clignotant et de chaussures non réglementaires, Ouassim, 24 ans, et Sabrina, 20 ans, fuient à moto. Pris en chasse par une patrouille, ils déboulent à la sortie du tunnel Bailli. Un troisième policier bloque alors la voie de droite avec sa camionnette, provoquant un heurt d’une extrême violence qui coûtera la vie aux deux jeunes.
Pendant ce temps, le volet concernant les deux agents poursuivants s’est refermé au niveau national. Condamnés en première instance, ils ont finalement été acquittés en novembre 2024. Le comité de soutien a donc saisi la Cour européenne des droits de l’homme en août 2025, actant dans un communiqué que « toutes les voies de recours nationales ont été épuisées, sans qu’aucune responsabilité ne leur soit reconnue ».
Sur Bladi.net : Affaire Sabrina et Ouassim : les trois policiers poursuivis pour homicide involontaire (vidéo)
Dans l’attente du jugement de Nivelles, l’entourage des victimes dénonce des poursuites motorisées qui souffrent d’une « absence de cadre clair et de contrôle effectif ». Le collectif associe son combat à la lutte contre l’usage disproportionné de la force. « Nous refusons que ces morts restent sans réponses. Nous refusons que des pratiques potentiellement mortelles soient banalisées », prévient l’organisation.