Créée pour un référendum au Sahara, la MINURSO pourrait perdre ce mot après 35 ans d’existence
Dans un avant-projet daté du 20 octobre, Washington propose de rebaptiser la MINURSO en MINUSO, en retirant le référendum de son intitulé. Les États-Unis envisagent aussi de réduire de moitié ses effectifs en uniforme et de transformer la mission en structure politique dès mai 2027.
Un seul mot disparaîtrait, mais l’organisation de la mission de l’ONU au Sahara occidental serait profondément bouleversée. La « Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental » deviendrait la « Mission des Nations unies pour le Sahara occidental », abrégée MINUSO.
Cette modification figure au premier des quatorze paragraphes du projet américain daté du 20 octobre et transmis aux membres du Conseil de sécurité le 22. Selon l’agence espagnole Europa Press, Washington prévoit également une réduction d’au moins 50 % des effectifs en uniforme avant le 31 janvier 2027.
Le mandat de maintien de la paix prendrait fin le 30 avril. Dès le 1er mai, la mission poursuivrait ses activités sous un statut politique spécial, jusqu’au 31 octobre 2027. Ces échéances donnent une forme concrète à la transformation de la MINURSO souhaitée par Rabat.
L’autonomie marocaine comme seule solution réalisable
Le changement va bien au-delà des effectifs. Au paragraphe 9, le texte américain présente une véritable autonomie sous souveraineté marocaine comme « la seule solution réalisable » au conflit. Il fait de la proposition d’autonomie élargie et actualisée du Maroc la base unique des négociations.
La résolution 2797 de 2025 évoquait, elle, l’autonomie comme une issue parmi les plus réalisables. Le préambule du nouveau projet conserve la référence à l’autodétermination et à une solution mutuellement acceptable.
Washington demande aussi à l’envoyé de l’ONU de consulter les Sahraouis du territoire, des camps et de la diaspora, ainsi qu’au HCR d’enregistrer les réfugiés de Tindouf dans les six mois.
Le Polisario a réagi le 22 octobre : dans une lettre adressée au Conseil de sécurité, il menace de quitter le processus de paix si le projet est adopté sans modifications substantielles.
Le Conseil de sécurité doit se prononcer avant le 31 octobre, date d’expiration du mandat actuel de la MINURSO.