Le Maroc pousse pour tourner la page de la Minurso actuelle, l’Algérie joue la montre à Washington

- 09h00 - Maroc - Ecrit par : L.A

Le Maroc et l’Algérie accélèrent leurs manœuvres avant une réunion décisive du Conseil de sécurité sur le Sahara. Rabat veut transformer profondément la Minurso, tandis qu’Alger espère que Washington reléguera progressivement le dossier au second plan.

La bataille diplomatique autour du Sahara entre dans une nouvelle phase. À l’approche des prochaines discussions du Conseil de sécurité, le Maroc multiplie les déplacements pour obtenir la fin de la Minurso « sous sa forme actuelle », indique Africa Intelligence.

Cette formule ne signifie pas nécessairement que Rabat réclame la disparition immédiate de la mission de l’ONU. Elle laisse plutôt entrevoir une transformation de son mandat, de son format ou de ses moyens, alors que le processus politique repose désormais davantage sur la proposition marocaine d’autonomie.

Le Conseil de sécurité avait déjà opéré un changement important en octobre 2025 en plaçant cette initiative au centre des négociations. La résolution 2797 a parallèlement prolongé le mandat de la Minurso jusqu’au 31 octobre 2026, date à laquelle les quinze membres du Conseil devront de nouveau se prononcer sur son avenir. La résolution de l’ONU constitue donc le point de départ de la bataille diplomatique actuellement engagée.

Le Maroc veut désormais convertir cette avancée politique en modification concrète du dispositif onusien. Il cherche à convaincre les membres du Conseil que le maintien de la mission dans sa configuration actuelle ne correspond plus au nouveau cadre des négociations.

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Cette offensive prolonge les démarches entreprises depuis l’adoption de la résolution. Rabat a notamment présenté une version développée de son plan d’autonomie, tandis que Washington a organisé plusieurs échanges entre le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le Polisario.

L’Algérie parie sur un désengagement américain

Alger adopte une stratégie différente. Selon Africa Intelligence, les autorités algériennes misent sur une « dépriorisation » du Sahara par Washington. Elles espèrent ainsi que l’administration américaine consacrera moins d’efforts politiques à un règlement rapide du conflit.

Ce pari intervient pourtant alors que les États-Unis conservent un rôle déterminant. Washington est traditionnellement chargé de préparer les projets de résolution du Conseil de sécurité sur la Minurso et continue de soutenir l’autonomie sous souveraineté marocaine comme base de règlement.

L’Algérie maintient donc le dialogue avec l’administration américaine. Massad Boulos, conseiller principal de Donald Trump pour l’Afrique, s’est rendu pour la troisième fois en quatorze mois à Alger le 13 septembre. Ses entretiens avec le président Abdelmadjid Tebboune et le ministre des Affaires étrangères Ahmed Attaf ont notamment porté sur le Sahara.

Sur Bladi.net : Pour la troisième fois en quatorze mois, l’homme de Trump retourne en Algérie parler du Sahara

Les deux pays font ainsi des lectures opposées du rôle futur des États-Unis. Le Maroc compte sur l’implication américaine pour accélérer la transformation du processus onusien. L’Algérie espère au contraire que le dossier perdra de son importance dans l’agenda de Washington.

La prochaine échéance devra surtout montrer jusqu’où les membres du Conseil de sécurité sont prêts à aller. Une reconduction inchangée de la Minurso repousserait la décision. Une modification substantielle de son mandat confirmerait, à l’inverse, que le cadre adopté en 1991 entre dans sa dernière phase.