Croissance : Trop optimiste, le gouvernement ?

- 12h15 - Maroc - Ecrit par : L.A

L’économie marocaine serait-elle à l’abri des perturbations qui secouent l’économie mondiale ? Les derniers chiffres de conjoncture, rendus publics, jeudi 14 février par le Haut commissariat au plan laissent croire que oui. Selon le HCP, l’économie nationale devrait confirmer la croissance annoncée de 2,2% en 2007.

Ses conjoncturistes prévoient déjà une évolution de près de 4 points pour porter cette croissance à 6,1%. Mieux, « cette hausse aurait pu être plus importante si ce n’est les efforts consentis par les pouvoirs publics pour absorber l’inflation importée et les effets, parfois inflationnistes, de l’afflux massif des capitaux en provenance de l’étranger », s’enthousiasme le HCP.

Toutefois, les services de Ahmed Lahlimi Alami s’attendent à une légère accentuation de l’inflation durant l’année. Ce qui les fait noter dans leur rapport que « le prix implicite du PIB s’accroîtrait de 3% » en 2007, en lieu et place de 2,3% précédemment annoncé.

Sollicité par L’Economiste pour lecture du communiqué du HCP, « la mauvaise conscience du gouvernement El Fassi », le Centre marocain de conjoncture en l’occurrence, s’est refusé à tout commentaire. Mais il avance cependant « qu’il ne s’agit-là que d’estimation ».

Estimation, le mot est lâché. Car, en effet, le HCP, le ministère des Finances comme le CMC fondent leurs études sur des estimations, qui, fatalement, sont toutes différentes. Là où le HCP prévoit une croissance de 2,2%, le CMC persiste à croire que celle-ci ne dépasserait pas 1%. Ce qui, avec la marge d’erreur tolérée de 0,5 point, correspondrait à leur prévision de départ d’une croissance de 0,4%. Une différence de plus de 1 point, entre les deux écoles, c’est énorme. A quel saint se vouer ?

Difficile à dire, d’autant plus que les estimations annoncées par les trois institutions pour la croissance 2008 diffèrent souvent jusqu’à plus de 1 point.

Ainsi, les 6,1% du HCP se transformeraient par miracle en 6,5% pour la loi de Finances 2008 et 5,3% selon le CMC. Ont-ils le même référentiel économique ?

Pour le CMC, les hypothèses des deux institutions publiques « sont trop optimistes » et basées sur des « données erronées ». Peut-on arriver au même résultat selon que le prix des hydrocarbures est estimé à 75 ou 100 dollars ? Certes, notre économie a été affectée par la décélération du commerce international et le spectre de récession planant sur une bonne partie des économies développées. Mais pour le HCP, la forte demande intérieure devait permettre d’atteindre les 6,1% annoncés. La croissance mondiale va ralentir à 3,3% et les prévisions sont de 1,9% pour les Etats-Unis. Les observateurs sont unanimes à reconnaître que les politiques les mieux conçues se fondent toujours sur les conditions locales.

A noter que la formation brute du capital fixe dépasserait pour la première fois le seuil de 200 milliards de DH, soit une évolution de 12,8%. Ce qui représenterait 32,2% du PIB en 2008.

Est-ce la faute à la pluie ?

Pour le HCP, les facteurs favorables ont, entre autres, pour nom une campagne agricole prometteuse. La production moyenne est estimée à 60 millions de quintaux pour les cultures céréalières, contre 20 millions en 2007. Ce qui le cas échéant correspond à une année normale. « Ce n’est pas le cas ». Selon le HCP, la forte croissance attendue viendrait du secteur primaire avec près de 12,5%, reléguant aux oubliettes la baisse estimée de 19,4% en 2007. De même, le secteur secondaire et les services ont cru respectivement de 5,8% et de 4,8%.

Source : L’Economiste - B.T.

  • Croissance, l'exception Maroc

    Au moment où l'économie mondiale ralentit, celle du Maroc affiche un dynamisme enviable. Les derniers chiffres du Haut commissariat au Plan (HCP) parlent d'un taux de croissance de 6,2% pour l'année 2008. Mieux, l'embellie se prolongera en 2009 où la croissance devrait atteindre 5,3%.

  • Le CMC prévoit 5,7% de croissance

    Une fois n'est pas coutume. Le Centre marocain de conjoncture s'inscrit en porte-à-faux aux prévisions de croissance du Haut commissariat au plan et du ministère de l'Economie et des Finances. Là où le HCP prévoit un taux de croissance de 6,2% ou encore le département de Mezouar, 6,8%, le CMC table sur 5,7% pour l'année 2008. Si les prévisions du Plan ne sont pas trop différentes de celles du CMC, l'écart avec le ministère de l'Economie et des Finances (1,1 point) donne à penser que les indicateurs ne sont pas les mêmes. Comment en arrive-t-on à de telles différences ? Querelle de chapelle !

  • Compétitivité, le Maroc à la traîne

    Au moment où les experts économistes et/ou financiers ayant animé le dernier Forum économique international de Davos, n'ont pu dissimuler leur inquiétude sur la croissance économique, le Haut commissariat au Plan (HCP) marocain publie ses derniers chiffres du budget économique prévisionnel tout en tablant sur une croissance économique prometteuse de 6.8% en 2008. Une situation intrigante ! Si une véritable croissance il y a, à quoi et à qui profite l'économie marocaine ??? S'agit-il d'une croissance durable ou jusque conjoncturelle ?

  • Le Maroc prévoit un taux de croissance d'environ 6,8% en 2009

    Le Maroc prévoit pour en 2009 un taux de croissance de 6,8% contre 6,1% cette année, a déclaré jeudi le ministre de l'Economie, Salaheddine Mezouar.

  • Le CMC tire la sonnette d'alarme quant à la croissance économique du Maroc

    Quelle dynamique de relance pour l'économie nationale ? Le libellé de la question du Centre marocain de conjoncture (CMC), soumis aux experts présents à son séminaire tenu hier à Casablanca dans le cadre de son Cycle des affaires, fait débat. Tant mieux. Car « le CMC se place dans une logique de regards croisés, ce qui ne veut pas dire forcément regards divergents », décrypte d'entrée Larbi Jaïdi, un des experts du centre. L'essentiel, a-t-il rappelé, c'est de réfléchir sur les outils de diagnostic à même de mener à terme ce débat.

  • 2008, année moins bonne que prévu ?

    Un taux de 6,8% qui passe à 6,1% puis à 5,4 % : les prévisions de croissance pour 2008, avancées respectivement par le ministère des finances, le Haut commissariat au plan (HCP) et, tout récemment, le Centre marocain de conjoncture (CMC), paraissent s'inscrire inexorablement à la baisse, à mesure que se précisent les contours de l'activité économique pour cette année.

  • Croissance de 2,5% en 2007 malgré la conjoncture défavorable

    La croissance économique du Maroc a atteint 2,5% en 2007 contre 8,1% en 2006, en dépit d'une conjoncture défavorable marquée par la flamblée des cours du pétrole et du blé à l'étranger, a déclaré le ministre marocain chargé des Affaires économiques et générales, Nizar Baraka.

  • Croissance : Les bons et mauvais élèves

    Une agriculture qui chute lourdement, une industrie minière et énergétique en perte de vitesse et les secteurs financier et du BTP qui maintiennent le cap envers et contre tout… Tels sont les faits marquants de l'économie nationale en 2007. Pour les détailler davantage, le Haut commissariat au plan (HCP) vient de dévoiler la situation des comptes nationaux au terme de l'exercice écoulé.

  • Croissance économique de 5,4% en 2008 au Maroc

    Le Haut commissariat au plan (HCP) a estimé le taux de croissance enregistré par le Maroc en 2008 à 5,4%, contre 2,7% en 2007, dans un communiqué publié ce lundi.

  • 2,7% de taux de croissance en 2007

    Le Haut commissariat au plan (HCP) avait plus ou moins vu juste. Le département de Lahlimi vient d'annoncer que le Maroc a réalisé un taux de croissance de 2,7% en 2007 au lieu de 2,2% qui figurait sur les comptes prévisionnels. A signaler que le taux de 2,7% est provisoire en attendant la révision et la publication des comptes nationaux définitifs en 2010.