Il croyait rejoindre un centre d’accueil à Sebta, il se retrouve au Maroc
Azhaar Chaouni pensait être transporté vers un centre d’accueil à Sebta. Ce Marocain affirme avoir été renvoyé dans son pays sans explication. Dans une nouvelle enquête, Reuters révèle son témoignage et les accusations de plusieurs ONG contre les méthodes des autorités espagnoles.
« Ils nous ont expulsés sans explication », écrit Azhaar Chaouni à des bénévoles de l’ONG allemande Mission Lifeline. Des policiers espagnols l’avaient fait monter dans un bus avec d’autres migrants installés sur une plage de Sebta. Le groupe pensait être conduit vers un centre d’accueil. Le trajet s’est terminé au Maroc, rapporte Reuters, qui a consulté les messages du jeune homme.
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Son récit rejoint celui d’autres migrants ayant dénoncé des transferts similaires depuis les campements de Sebta. L’agence Reuters a recueilli plus de vingt témoignages de migrants, avocats, associations et membres des forces de sécurité pour enquêter sur les opérations de retour vers le Maroc.
12 000 retours vers le Maroc, des ONG dénoncent des pressions
Le gouvernement espagnol affirme que 12 000 migrants ont volontairement regagné le Maroc depuis la mi-août. Le ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, rejette les accusations d’expulsions dissimulées. Il indique que 1 200 demandes d’asile ont été déposées et que 700 ont déjà été traitées.
Mais au moins neuf ONG interrogées ou citées par Reuters contestent le caractère volontaire de certains retours. Huit associations, dont Amnesty International et Oxfam, ont saisi le Défenseur du peuple espagnol. Elles dénoncent notamment des expulsions sans examen individuel, ainsi que des difficultés d’accès aux avocats et aux interprètes.
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La situation reste particulièrement tendue à Sebta. Selon un représentant du syndicat policier espagnol, entre 7 000 et 8 000 migrants s’y trouvent encore. Au 14 octobre, les services compétents n’enregistraient qu’une centaine de dossiers par jour. Le syndicat estime que le traitement des demandes pourrait se prolonger jusqu’à l’été prochain.
Les associations demandent un examen individuel des situations, notamment pour les personnes sollicitant une protection internationale. Le classement du Maroc parmi les pays d’origine sûrs par l’Union européenne permet d’accélérer certaines procédures, tandis que chaque demandeur conserve le droit de présenter son dossier.