Les déboires judiciaires d’un journaliste marocain

- 06h35 - Maroc - Ecrit par : S.A

Le journaliste Mohamed Boutaâm, directeur de publication du site d’information locale Tizpress et correspondant de plusieurs quotidiens arabophones dans la région du Souss a été arrêté le 4 mai à Tiznit, puis placé en détention à la prison locale de la ville. Poursuivi pour « immixtion sans titre dans des fonctions publiques », il sera fixé sur son sort lundi 10 mai.

Tout est parti d’un article titré « Tiznit :«  des «  bons  » pour légitimer la contrebande de produits subventionnés. La police et la gendarmerie renoncent à la poursuite des contrebandiers », que le journaliste avait publié le 1ᵉʳ janvier sur Tizpress. Le 27 janvier, Moulay Lahcen Ouazzani de Sidi Ifni a porté plainte contre le journaliste Mohamed Boutaâm en sa qualité de directeur de publication de Tizpress, pour « insultes, calomnies et diffamation » contre sa personne et celle du procureur général du roi à Agadir. Dans sa plainte, le plaignant reproche notamment au journaliste de lui prêter le sobriquet de «  boutzguit  » (le pyromane en dialecte tachelhit) dans des articles de presse traitant de « la mafia de l’immobilier dans le Souss », rapporte TelQuel.

Suite à l’envoi d’un mandat du procureur du roi à la police judiciaire de Tiznit, Mohamed Boutaâm est convoqué le 4 mai. Le journaliste refuse de répondre aux questions centrées sur la plainte de Moulay Lahcen Ouazzani, ainsi que sur « l’ordonnance urgente du président du tribunal de première instance de bloquer le site Tizpress ». Cette dernière est relative à une autre affaire judiciaire concernant son site et huit autres sites d’information locale de la région dont Tiznit news, Akhbar Aljanoub, Tafraout 24, MarocDaily, Tarbaouiat et Ifni news.

Jeudi, il a comparu en état d’arrestation devant le tribunal de première instance de Tiznit, la demande de sa mise en liberté étant entre-temps rejetée. À la barre, il a expliqué « ne jamais avoir voulu se soustraire aux obligations légales de rendre son site conforme aux dispositions de la loi », a déclaré son avocat Omar Daoudi, membre du comité de défense. « Mon client n’a jamais reçu la décision du tribunal afin qu’il puisse faire appel du blocage de son site, et attendre la décision finale », a-t-il ajouté.

Réagissant à l’accusation d’«  immixtion sans titre dans des fonctions publiques » en vertu de l’article 380 du Code pénal, Omar Daoudi soutient que « le parquet ne peut pas accuser aujourd’hui Mohamed de se faire passer pour un journaliste, puisqu’il n’a toujours pas reçu la décision de blocage de son site ». « 365 sur 892 sites d’information déclarés auprès des tribunaux de première instance étaient conformes aux exigences du Code de la presse » fin 2019, a rappelé sur Facebook, Mhamed Kheyi, ancien lauréat du Grand prix national de journalisme électronique. Au cas où la décision du parquet de Tiznit de poursuivre Mohamed Boutaâm ferait jurisprudence au niveau national, « il faudrait arrêter au moins 580 Marocains qui n’ont pas rendu conforme leur site ! Et y ajouter des centaines non déclarés », suppose-t-il.

« L’ensemble du dossier a été discuté ce jeudi. Il ne reste que le verdict qui sera rendu lundi prochain, a par ailleurs expliqué l’avocat du journaliste.

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