Débouté de l’asile aux Pays-Bas, un Marocain trouve refuge dans une église d’Utrecht

- 15h00 - Monde - Ecrit par : Said A.

Fuyant l’incompréhension de ses proches, un jeune Marocain arrivé aux Pays-Bas en 2019 se heurte à une impasse administrative. Débouté de sa demande d’asile, il tente de se reconstruire à Utrecht, aux Pays-Bas.

L’administration néerlandaise l’a enregistré sous le nom de Rada, une erreur qu’il a fini par accepter. À 24 ans, ce natif d’un petit village marocain vit aujourd’hui dans la clandestinité. Son exil a débuté à l’âge de 20 ans, motivé par un profond sentiment d’exclusion. En grandissant, ses interrogations sur la religion l’ont progressivement mis au ban de son entourage. Se disant isolé et inquiet pour son avenir, le jeune homme a pris la route de l’Europe. Après une première tentative avortée, il a réussi à traverser l’Espagne en se cachant sous un bus, pour finalement atteindre un centre d’accueil à Drachten.

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L’espoir d’une vie sereine s’est cependant heurté au refus de l’immigration. Les autorités estiment que les grandes villes marocaines sont sûres, un argument que Rada réfute en évoquant les recherches de sa propre famille. Livré à lui-même, il a un temps survécu avec un simple sac de couchage dans les bois d’Utrecht, sombrant dans la précarité. C’est finalement en poussant la porte d’une église que son destin a basculé, comme le relate le quotidien néerlandais NRC. Un pasteur lui a tendu la main et offert une Bible en arabe, facilitant son accès inespéré à un hébergement de nuit.

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Baptisé en 2021, Rada s’est forgé un nouveau cercle social. « Le pasteur a prié pour moi et je me suis senti le bienvenu. J’existe à nouveau », confie-t-il. Désormais investi dans une troupe de théâtre et passionné de djembé, il rêve d’étudier la théologie. Un projet irréalisable sans papiers officiels, qui lui interdisent d’étudier, de travailler ou de louer un appartement. Malgré cette situation précaire, il écarte tout retour au pays où il devrait vivre dans l’ombre.