Droit d’asile en Europe : Pourquoi 96 % des demandes marocaines sont rejetées
Les autorités européennes durcissent le ton face aux migrants nord-africains. En 2025, le taux d’acceptation des demandes d’asile marocaines a plafonné à 4 %, ces requêtes étant jugées purement économiques et dépourvues de véritable fondement sécuritaire.
Selon l’analyse annuelle de l’Agence de l’Union européenne pour l’asile (EUAA) publiée en mars, les citoyens marocains figurent au bas du classement. À l’instar du Bangladesh, de l’Égypte ou de la Colombie, leur taux de reconnaissance stagne entre 3 et 5 %. Les instances estiment que ces dossiers ne répondent pas aux critères stricts nécessitant une protection internationale.
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Pour endiguer ce flux de requêtes qualifiées de « non justifiées », l’Union européenne déploie de nouvelles procédures. Le Maroc est intégré au projet de liste des « pays d’origine sûrs », un mécanisme conçu pour traiter les demandes à une vitesse record afin d’accélérer les expulsions. Les ressortissants de ces pays sûrs génèrent une lourde charge administrative, représentant 16 % des requêtes européennes en 2025.
Malgré ces faibles perspectives, les dossiers marocains en attente enregistrent une légère hausse. Le document européen décrit le dépôt de ces requêtes comme une « manœuvre légale » visant à gagner du temps et retarder les reconduites à la frontière, exploitant la lenteur d’un système saturé par 1,2 million de demandes en instance fin novembre 2025.
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Cette approche stricte envers les migrants économiques contraste avec l’ouverture accordée aux réfugiés fuyant les conflits, comme les Érythréens (76 % d’acceptation) et les Soudanais (70 %). Sur le terrain, une surveillance accrue a fait chuter les départs clandestins depuis les côtes marocaines, poussant les réseaux de passeurs à rediriger leurs opérations vers le littoral algérien.