L’Europe va expulser plus facilement les Marocains
Le Parlement européen a adopté mardi une législation durcissant les règles d’asile. Le Maroc figurant désormais sur la liste des pays « sûrs », les expulsions de ses ressortissants seront facilitées, tout comme les renvois vers des pays de transit tiers.
Les eurodéputés ont validé, par 396 voix contre 226, un texte permettant aux États membres de renvoyer des demandeurs d’asile vers des pays extérieurs au bloc, jugés respectueux des « normes internationales ». Cette mesure, soutenue par une coalition allant du centre à l’extrême droite, autorise désormais les expulsions vers des pays de transit ou des nations tierces avec lesquelles l’UE a conclu des accords, même en l’absence de lien préalable entre le migrant et le territoire d’accueil.
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Au cœur de ce dispositif, le Parlement a entériné une liste commune de « pays d’origine sûrs » comprenant le Maroc, aux côtés de la Tunisie, de l’Égypte ou de l’Inde. Cette classification est décisive : elle accélère les procédures de rejet pour les ressortissants de ces États, dont les demandes seront traitées selon des protocoles simplifiés, facilitant ainsi leur reconduite à la frontière. Ce durcissement législatif, qui doit entrer en vigueur en juin, répond à la montée des pressions politiques et du sentiment anti-immigration à travers le continent depuis la crise de 2015.
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L’adoption de ce texte a provoqué une levée de boucliers parmi les organisations de défense des droits humains et les élus de gauche, qui redoutent des dérives humanitaires. Cécilia Strada, eurodéputée socialiste, a dénoncé un vote qui « ignore la réalité des faits », rappelant que le Parlement avait précédemment pointé des failles démocratiques dans certains de ces États. Pour les critiques, le risque est de voir des exilés forcés de s’installer dans des zones où ils n’ont aucune attache communautaire ni linguistique, les exposant à un « risque très réel d’abus ».