Moins de titres, plus d’expulsions : le tour de vis de la France envers les Marocains
Les chiffres de l’immigration 2025 sont tombés : la France a procédé à près de 25 000 éloignements, un record depuis dix ans. Le Maroc reste une cible prioritaire de cette politique répressive, alors que les régularisations de plein droit chutent suite à la circulaire Retailleau.
Le ministère de l’Intérieur français a publié ce mardi son rapport annuel sur l’immigration pour l’année 2025, marqué par une hausse significative de l’activité répressive et une réorientation des flux de titres de séjour. Les données de la direction générale des étrangers en France (DGEF) font état d’un durcissement des conditions de séjour pour les ressortissants du Maghreb, tandis que les motifs humanitaires tirent les statistiques globales vers le haut.
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Les services de l’État ont procédé à plus de 190 000 interpellations d’étrangers en situation irrégulière en 2025, soit une progression de 30 % par rapport à l’année précédente. Le volet des expulsions suit la même courbe avec 24 985 éloignements réalisés, un niveau record depuis 2014. Si l’Algérie concentre 10 % de ces procédures, le Maroc et la Tunisie demeurent des cibles prioritaires de l’administration française en matière de reconduite à la frontière.
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En matière de titres de séjour, le solde pour les pays du Maghreb s’inscrit en baisse. Les Marocains ont reçu 36 100 nouveaux titres, soit un repli de 2,3 %, suivis par les Algériens (-4,6 %) et les Tunisiens (-6,2 %). Cette tendance est corrélée à un recul de 10 % des régularisations, impactées par la circulaire Retailleau qui a durci les critères de présence sur le territoire. Par ailleurs, l’immigration économique recule de 13 %, alors que le titre étudiant conserve sa place de premier motif d’attribution.
À l’inverse, l’augmentation globale de 11,5 % des titres de séjour s’explique par la hausse massive des motifs humanitaires. Les ressortissants afghans et ukrainiens ont ainsi bénéficié d’une forte progression de l’accueil en France.