France : titres de séjour menacés après les débordements de la CAN 2025
L’ambiance festive de la CAN 2025 est désormais placée sous haute surveillance dans l’Hexagone. Dans un télégramme adressé aux préfets, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, ordonne une fermeté absolue pour les quarts et demi-finales. Au programme : interdictions de rassemblement et menace explicite sur les titres de séjour des étrangers fauteurs de troubles.
La fête oui, les débordements non. C’est en substance le message envoyé par la place Beauvau à l’ensemble des préfectures de France. Alors que le Maroc affronte le Cameroun ce vendredi soir et que l’Algérie jouera samedi, les autorités françaises redoutent une réédition des scènes observées le 6 janvier dernier, lors de la qualification des Fennecs.
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Dans ce document révélé par BFMTV, Laurent Nunez pointe du doigt ces « rassemblements spontanés » qui, bien que témoignant d’un « engouement collectif », ont parfois dérapé. L’objectif est clair : « éviter toute réitération des troubles à l’ordre public ».
Champs-Élysées interdits et chasse aux mortiers
À Paris, la Préfecture de police a pris les devants. Les Champs-Élysées sont déclarés zone interdite pour les supporters. Dès ce vendredi 15h, tout rassemblement de personnes se prévalant de la qualité de supporter d’une des équipes en lice est proscrit dans un périmètre strict.
Ailleurs sur le territoire, les préfets sont invités à mobiliser tous les pouvoirs de police administrative. Dans le collimateur des forces de l’ordre : l’usage détourné des moyens pyrotechniques et des mortiers d’artifice, devenus les armes habituelles des violences urbaines.
Mais le point le plus sensible de cette directive concerne directement les ressortissants étrangers. Le ministre de l’Intérieur a demandé une « application ferme » des sanctions administratives.
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En clair, tout étranger interpellé pour avoir troublé l’ordre public s’expose non seulement à des poursuites judiciaires, mais aussi à des mesures d’éloignement ou au retrait de son titre de séjour. Une consigne de sévérité qui intervient dans un climat tendu, marqué par des incidents à Lyon où des propos haineux et antisémites ont été signalés à la justice après le huitième de finale de l’Algérie.