Espagne : Le cadeau de Madrid à 500 000 sans-papiers fait enrager l’Union européenne
L’Union européenne a exprimé de sérieuses réserves concernant le projet de l’Espagne de régulariser près de 500 000 sans-papiers, redoutant une contradiction avec sa politique de fermeté migratoire et des mouvements secondaires au sein du bloc.
Le gouvernement espagnol s’apprête à valider un décret visant à offrir un statut légal à un demi-million d’étrangers en situation irrégulière, dont une large part de ressortissants marocains. La mesure, qui cible les personnes arrivées avant la fin 2025 et résidant dans le pays depuis au moins cinq mois, prévoit l’octroi d’un permis de séjour et de travail d’un an, justifié par Madrid par des impératifs de « croissance économique et de cohésion sociale ».
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Cette initiative unilatérale suscite toutefois des frictions à Bruxelles, où des responsables estiment qu’elle n’est « pas conforme à l’esprit de l’Union européenne sur les migrations ». La Commission craint que cette ouverture ne crée un appel d’air et ne permette aux bénéficiaires de circuler librement dans l’espace Schengen, compromettant ainsi les efforts collectifs visant à décourager l’immigration illégale.
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La démarche de Madrid tranche nettement avec la stratégie globale du bloc, qui s’efforce actuellement de durcir les règles d’asile et d’accélérer les retours. L’UE finalise notamment une liste de « pays d’origine sûrs », incluant le Maroc, pour faciliter les expulsions, créant un paradoxe où l’Espagne intègre une main-d’œuvre que Bruxelles cherche à renvoyer plus efficacement.
Le dossier doit être débattu au Parlement européen, le commissaire Magnus Brunner étant attendu pour évaluer l’impact de cette décision sur la zone de libre circulation. Si la régularisation reste une compétence nationale, ses détracteurs soulignent le risque de déstabilisation des politiques communes à un moment où l’Europe tente d’harmoniser la gestion de ses frontières extérieures.