Les consulats marocains pris d’assaut en Espagne

- 23h00 - Espagne - Ecrit par : Bladi.net

Alors que Madrid s’apprête à lancer une vaste opération de régularisation pour plus d’un demi-million d’immigrés irréguliers, les ressortissants marocains se heurtent à une saturation critique de leurs services consulaires. L’incapacité d’obtenir des rendez-vous administratifs menace leur éligibilité à ce processus historique.

L’opportunité est historique, mais le goulot d’étranglement administratif risque de la compromettre pour de nombreux Marocains. Le gouvernement espagnol a approuvé un décret exceptionnel ouvrant la voie à la régularisation de plus de 500 000 personnes arrivées sur le territoire avant le 31 décembre 2025. Ce dispositif, plus souple que celui de 2005, n’exige pas de contrat de travail mais impose la présentation d’un casier judiciaire (certificat de bonne conduite) délivré par le pays d’origine.

Lire aussi : Espagne : 133 000 nouveaux Marocains en un an, mais un fossé éducatif pointé du doigt

C’est sur cette exigence que le mécanisme se grippe. Dans les principaux consulats du Royaume (Madrid, Barcelone, Bilbao), les plateformes de prise de rendez-vous affichent complet. L’impossibilité de renouveler un passeport ou de légaliser les procurations nécessaires paralyse les démarches. Face à cette pénurie numérique, des témoins rapportent l’émergence d’un marché noir où des courtiers revendent des créneaux de rendez-vous pour des sommes allant de 30 à 100 euros.

Lire aussi : Visas Schengen : grosse galère pour les Marocains

Le temps presse pour les candidats. L’opération devrait s’étaler du 1ᵉʳ avril au 30 juin prochain. Pour être éligible, le demandeur doit prouver une présence continue de cinq mois avant le dépôt du dossier via des justificatifs du quotidien (ordonnances, titres de transport, transferts d’argent). Si la mesure vise à réduire la précarité et renforcer la sécurité sociale en Espagne, sa réussite pour la communauté marocaine dépendra désormais de la capacité des consulats à absorber ce choc de la demande.