Comment le Maroc profite de la grippe aviaire en Espagne
Le secteur avicole espagnol traverse actuellement sa pire crise sanitaire depuis des années, marquée par une flambée incontrôlée de grippe aviaire. Cette situation critique a ravivé, sur les réseaux sociaux et au sein de la filière, la controverse entourant l’autorisation accordée par Bruxelles en juin 2022 permettant l’importation de volaille marocaine dans l’Union européenne, une mesure perçue comme un coup dur par les producteurs locaux.
L’Espagne a officiellement perdu son statut de pays indemne de ce virus auprès de l’OMSA, après que plus de 74 000 volailles ont été contaminées entre janvier et octobre 2025, relate La Razon. Si les cas étaient minimes en début d’année, la situation s’est brusquement dégradée à partir de l’été, obligeant le gouvernement à activer le protocole communautaire d’éradication. Cette procédure a entraîné l’abattage sanitaire massif de tous les animaux présents dans les exploitations touchées, qu’ils soient infectés ou sains. Au total, plus de deux millions et demi de volailles sont mortes ou ont été abattues au cours de l’année, provoquant une pénurie d’œufs de poules élevées au sol dans les supermarchés et une forte augmentation des prix à la consommation.
À lire : La Chine suspend l’importation de volailles du Maroc
Une autorisation d’importation stricte et sans lien avec le foyer actuel
Face à l’indignation suscitée par la coexistence de cette crise locale et des importations étrangères, les institutions européennes ont tenu à clarifier le cadre réglementaire. La Commission européenne précise que le Maroc est habilité à exporter uniquement de la viande de volaille soumise au traitement sanitaire « D », un processus certifié de cuisson ou de congélation garantissant l’absence de maladies. Contrairement à d’autres partenaires comme le Brésil ou les États-Unis, Rabat ne figure pas sur la liste des pays autorisés à exporter des volailles vivantes.
À lire : Les aviculteurs marocains craignent la grippe aviaire
Il n’existe par ailleurs aucun lien de causalité entre l’autorisation de 2022 et la flambée actuelle, puisque l’Espagne avait conservé son statut sanitaire favorable en 2023 et 2024 alors que les échanges commerciaux étaient déjà en place. L’Union européenne continue donc d’importer du poulet du Maroc et d’autres pays tiers pour répondre à la demande, indépendamment de la gestion du foyer infectieux espagnol.