Il dénonce le racisme des agences immobilières en Espagne et se retrouve lui-même au tribunal
Après avoir dénoncé des discriminations immobilières en Espagne, Hamid Hmata, Espagnol né au Maroc, risque 900 euros d’amende. Acquitté une première fois, ce père de trois enfants devra retourner devant la justice le 26 octobre, poursuivi par une agence qu’il accuse de racisme.
« La victime devient bourreau. » Hamid Hmata, 50 ans, peine à comprendre ce retournement. Après avoir dénoncé plusieurs agences immobilières catalanes pour discrimination raciale, cet Espagnol né à Tanger se retrouve lui-même poursuivi pour des faits présumés de contrainte. Une agence l’accuse d’avoir réclamé de l’argent sous la menace d’une plainte. Acquitté une première fois, il devra être rejugé le 26 octobre, rapporte El País.
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L’affaire commence à Mataró, près de Barcelone. Hamid cherche un appartement plus grand pour sa femme et leurs trois enfants. Malgré des revenus confortables tirés de son activité dans le commerce international, les agences lui opposent des refus répétés.
Il décide de mener une expérience avec deux collègues espagnols, Jordi et Xavier. Tous trois contactent les mêmes agences pour les mêmes logements. Quand Hamid essuie un refus, ses collègues obtiennent des visites. Il conserve les messages, enregistre certaines conversations et dépose plusieurs plaintes.
Douze premières démarches sont finalement prescrites en raison de complications administratives. Trois autres dossiers parviennent à l’organisme catalan chargé de lutter contre les discriminations. En février 2026, une agence est sanctionnée de 10 001 euros. Deux autres font l’objet de propositions d’amendes d’environ 10 000 euros chacune.
Acquitté, puis renvoyé devant un autre juge
Mais en septembre 2025, Hamid avait contacté une autre agence pour réclamer une compensation financière, proposant de renoncer à déposer plainte en échange. L’entreprise enregistre l’appel et saisit la police catalane. Elle l’accuse d’avoir exercé des pressions pour obtenir de l’argent et réclame 900 euros d’amende.
Devant le tribunal de Mataró, un commercial affirme s’être senti intimidé. La juge estime cependant que les pressions alléguées ne suffisent pas à caractériser une infraction pénale. Hamid est acquitté.
L’agence fait appel. En février 2026, l’Audience provinciale de Barcelone annule l’acquittement et ordonne un nouveau procès devant un autre magistrat. La juridiction critique notamment la demande de compensation financière formulée par Hamid.
Son avocat, Miguel Ruiz, de l’Observatori DESCA, conteste cette décision. Il estime que la justice pénalise la manière dont son client a tenté de réagir à une discrimination présumée. Il a demandé l’annulation de l’arrêt.
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Le dossier illustre les difficultés rencontrées par des Marocains pour louer un logement en Espagne, y compris lorsqu’ils disposent de revenus suffisants. Hamid avait déjà rendu publiques ses accusations de discrimination en février, après la première sanction administrative.
Le 26 octobre, il comparaîtra donc une nouvelle fois à Mataró. L’agence maintient ses accusations, tandis que son avocat conteste la procédure. L’entreprise qui le poursuit n’est pas celle sanctionnée de 10 001 euros. « J’affronte cela avec beaucoup de calme. Je sais que justice sera rendue », confie Hamid à El País.