« On ne loue pas aux étrangers » : des Marocains piègent des agences et obtiennent des amendes

- 16h00 - Espagne - Ecrit par : Bladi.net

Confrontés à une discrimination systématique dans leur recherche d’appartement, des locataires d’origine marocaine installés en Espagne ont décidé de contre-attaquer. Preuves à l’appui, ils dénoncent les pratiques illégales des agences et obtiennent des sanctions financières inédites.

Malgré des emplois stables et une excellente solvabilité, Hamid, Yahya et Redouane se sont heurtés à un mur en cherchant à louer un bien. Leurs candidatures étaient systématiquement écartées ou mises en attente au profit de profils autochtones. Face à cette ségrégation silencieuse, ces professionnels ont choisi de piéger les agences en utilisant la méthode scientifique du « testing », comparant les réponses fournies simultanément à un candidat étranger et à un candidat au nom espagnol, fait savoir El Pais.

Sur Bladi.net : Barcelone : une société immobilière sanctionnée pour discrimination envers un Marocain

Les enregistrements cachés et les courriels recueillis lors de ces visites sont accablants. Les commerciaux y avouent explicitement que les propriétaires refusent de louer aux étrangers, une exigence discriminatoire que les intermédiaires acceptent pourtant d’appliquer. Fort de ces preuves irréfutables, Hamid a récemment obtenu une victoire retentissante : la condamnation d’une agence catalane à une amende de 10 000 euros par les autorités régionales de l’Égalité.

Discrimination au logement : l’impunité d’un marché sous tension

Si ces sanctions – qui ont pu atteindre 45 000 euros dans le cas de Redouane – créent un précédent juridique, elles montre une dérive systémique. Selon une récente étude menée auprès des agences de Madrid et Barcelone, 99 % d’entre elles ont accepté de se plier aux exigences racistes de faux propriétaires. Ce chiffre en nette hausse illustre la normalisation de cette exclusion, qui frappe de plein fouet une population migrante majoritairement locataire.

Sur Bladi.net : De livreur de pizzas en Espagne à magnat de l’immobilier au Maroc

Bien que la justice valide de plus en plus l’utilisation du testing pour prouver la violation des droits fondamentaux, le parcours juridique reste semé d’embûches. Beaucoup de victimes ignorent leurs recours ou voient leurs dossiers classés sans suite par les tribunaux, laissant aux agences immobilières un profond sentiment d’impunité face à leur responsabilité légale.

  • Algésiras : fin de la traque aux réservoirs « trop pleins » pour les camions du Maroc

    Longtemps harcelés par des amendes pour « surplus de carburant », les camionneurs marocains voient enfin la pression retomber. Au port d'Algésiras, les autorités espagnoles fermeraient désormais les yeux sur les réservoirs pleins.

  • Immobilier : l'Espagne serre la vis, les investisseurs marocains concernés

    Mauvaise nouvelle pour les nombreux Marocains ayant investi dans la pierre en Espagne. Le gouvernement de Pedro Sánchez a lancé une offensive majeure contre la location touristique, visant à retirer plusieurs dizaines de milliers logements des plateformes comme Airbnb et Booking. De nouvelles règles strictes entrent en vigueur, compliquant la tâche des propriétaires.

  • Immobilier : La peur des impayés laisse 2,4 millions de logements vides au Maroc

    C'est un paradoxe qui mine le secteur de l'habitat au Maroc. Alors que la demande locative explose, une part colossale du parc immobilier reste désespérément vide. En cause : une crise de confiance aiguë entre propriétaires et locataires. Effrayés par les impayés et une justice jugée trop lente, de nombreux bailleurs préfèrent laisser leurs biens fermés plutôt que de risquer le cauchemar judiciaire.

  • Partir à Dubaï… ou rester à Marrakech ? Le choix des Marocains

    Où les Marocains ont-ils passé le réveillon ? Le verdict des agences de voyages est sans appel : à l'international, Dubaï écrase la concurrence. Au niveau national, Marrakech conserve sa couronne, malgré une polémique sur l'accessibilité des zones désertiques.

  • Ryanair, easyJet et Vueling condamnées pour les bagages en cabine

    179 millions d'euros. C'est le montant total de l'amende infligée par les autorités espagnoles aux compagnies aériennes Ryanair, easyJet, Vueling, Norwegian et Volotea pour pratiques abusives. Les low cost entendent saisir la justice pour contester cette sanction.

  • Espagne : 133 000 nouveaux Marocains en un an, mais un fossé éducatif pointé du doigt

    L'Espagne reste une terre d'accueil massive malgré une crise du logement qui asphyxie ses métropoles. Si Madrid et Barcelone voient leurs habitants fuir la vie chère, l'immigration étrangère explose, portée notamment par une forte communauté marocaine. Mais derrière ces chiffres records, le dernier rapport de l'INE soulève un constat cinglant sur le niveau de qualification des nouveaux arrivants.

  • « Je dors dehors depuis 20 ans » : le parcours d'Ahmed, Marocain perdu dans les rues de Barcelone

    La capitale catalane fait face à une crise humanitaire sans précédent. Le dernier recensement de la Fondation Arrels révèle que près de 2 000 personnes dorment désormais dans les rues de Barcelone, un chiffre en hausse de 43 % en deux ans. Parmi elles, Ahmed, un Marocain installé depuis 1997, incarne le visage de cette détresse chronique.

  • Tunnel Maroc-Espagne : le projet attaqué en justice

    Le mégaprojet de liaison fixe à travers le détroit de Gibraltar se heurte à un nouvel obstacle, cette fois-ci judiciaire. Les sociétés d'ingénierie privées espagnoles ont déclaré la guerre au gouvernement, contestant l'attribution « opaque » des contrats d'études à l'entreprise publique Ineco. Un recours a été déposé pour bloquer le processus.

  • À Madrid, l'immobilier de luxe attire les riches Marocains

    Le marché locatif de luxe à Madrid a connu une croissance soutenue ces dernières années. De nombreux Marocains sont propriétaires de ces maisons de luxe dont le loyer mensuel a atteint 25 000 euros dans certains quartiers de la capitale espagnole.

  • 11 000 agences, un marché éclaté : les fragilités de la location de voitures au Maroc

    Le secteur de la location de voitures au Maroc affiche un visage contrasté. Si le parc roulant continue de s'étoffer pour franchir la barre symbolique des 200 000 véhicules, la dynamique entrepreneuriale marque le pas en 2025. Entre atomisation du marché et baisse des créations d'entreprises, la profession est à un tournant.