Algésiras : fin de la traque aux réservoirs « trop pleins » pour les camions du Maroc
Longtemps harcelés par des amendes pour « surplus de carburant », les camionneurs marocains voient enfin la pression retomber. Au port d’Algésiras, les autorités espagnoles fermeraient désormais les yeux sur les réservoirs pleins.
Un vent de répit souffle sur le port d’Algésiras pour les transporteurs routiers marocains. Les autorités espagnoles auraient réduit le rythme des verbalisations liées au surplus de carburant dans les réservoirs. Jusqu’à récemment, le dépassement de la limite de 200 litres entraînait quasi systématiquement des amendes oscillant entre 300 et 400 euros, une pratique désormais en net recul.
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Ce contentieux repose sur un accord bilatéral datant du début des années 1990, réactivé en 2020, qui considère tout excédent de gazole comme de la contrebande. Les opérateurs marocains jugent cette règle totalement obsolète. Ils soulignent que les camions modernes (normes Euro 5 et 6) possèdent des réservoirs bien plus volumineux et que leurs trajets ne se limitent plus à l’Espagne, mais couvrent désormais toute l’Europe, nécessitant une autonomie accrue.
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Au-delà de la logistique, l’enjeu est économique : en faisant le plein au Maroc, les entreprises cherchent à limiter l’usage de leurs réserves en devises et à éviter les tarifs élevés des stations ibériques. Après un mois de septembre marqué par de nombreuses sanctions lors du lancement de la campagne d’exportation agricole, cet assouplissement récent apporte une bouffée d’oxygène à un secteur stratégique pour les échanges entre le Royaume et l’Union européenne.