Deux mois après leur réouverture, le Maroc pourrait rebloquer ses exportations d’oignons
Le Maroc envisage de suspendre de nouveau ses exportations d’oignons vers plusieurs marchés africains, deux mois seulement après leur réouverture. L’objectif serait de préserver l’approvisionnement national et d’empêcher une hausse des prix en fin de campagne.
Les autorités marocaines étudient cette restriction avec Morocco Foodex, l’établissement chargé du contrôle et de la coordination des exportations agroalimentaires, rapporte Hespress.
La mesure n’a pas encore été officiellement annoncée. L’information repose sur une source au sein de l’Association marocaine des exportateurs de divers produits vers l’Afrique et l’étranger. Selon celle-ci, les discussions sont motivées par l’arrivée de la production actuelle en fin de cycle.
Cette période pourrait entraîner une diminution des quantités disponibles et une augmentation des prix au Maroc. La suspension des exportations permettrait de réserver une plus grande partie de la production au marché national.
Si elle est adoptée, l’interdiction concernerait les expéditions d’oignons vers les marchés d’Afrique subsaharienne. Les tomates et les pommes de terre figurent déjà parmi les produits dont les exportations vers ces destinations sont suspendues.
Les exportateurs redoutent un nouveau revirement
Le calendrier donne à la mesure une dimension particulière. Les exportations marocaines d’oignons vers l’Afrique avaient repris en juillet 2026, après une longue période de restrictions. Les expéditions d’oignons étaient de nouveau autorisées, contrairement à celles de tomates et de pommes de terre.
Une première interdiction visant ces trois produits avait été instaurée en février 2023 afin de contenir les prix au Maroc. La restriction sur les oignons avait ensuite été levée en 2024, permettant une forte reprise des ventes à l’étranger.
Les professionnels craignent désormais qu’un nouveau blocage, quelques semaines seulement après la réouverture, ne fragilise davantage leurs relations commerciales. Ils affirment avoir déjà perdu la confiance de certains investisseurs et importateurs africains en raison des changements successifs de politique d’exportation.
Les autorités doivent ainsi arbitrer entre deux priorités : protéger le pouvoir d’achat des ménages marocains et préserver les débouchés africains des producteurs et exportateurs. À ce stade, aucune date d’entrée en vigueur ni durée d’application n’a été communiquée.