Légumes : comment certains pays se détournent progressivement de l’offre marocaine
Le ministère marocain de l’Agriculture a émis des réserves concernant l’importation d’oignons et de pommes de terre en provenance d’Égypte et de Turquie. Cette décision intervient alors que les prix flambent sur le marché national et que les exportations déclinent.
Des importateurs locaux avaient sollicité les autorités pour s’approvisionner sur ces deux marchés méditerranéens. Cette démarche visait à contrecarrer la récente hausse des tarifs intérieurs grâce à des coûts d’achat avantageux, censés garantir une distribution abordable pour les citoyens. Toutefois, le ministère de tutelle a préféré suspendre cette requête.
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En parallèle, le secteur agricole national fait face à une perte de vitesse à l’international. Les expéditions de légumes vers plusieurs nations africaines reculent considérablement. Ces partenaires commerciaux se tournent désormais vers d’autres fournisseurs et stimulent leur propre production locale, menaçant directement les parts de marché historiques des producteurs marocains sur le continent.
Cette gestion globale de l’approvisionnement suscite de vives critiques du côté de la société civile. Bouazza Kherati, président de la Fédération marocaine des droits du consommateur, dénonce des politiques douanières conçues exclusivement pour enrichir les intermédiaires. Il affirme que l’acquisition de marchandises à bas coût à l’étranger ne se répercute jamais sur le ticket de caisse final, transformant l’acheteur en « l’unique victime » d’un système où les fournisseurs multiplient leurs bénéfices.
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Le responsable associatif fustige également le maintien des exportations d’oignons en pleine période de pénurie nationale. Dénonçant une logique purement mercantile, il milite pour la création d’une institution étatique indépendante. Cette nouvelle autorité aurait pour mission de réguler les équilibres commerciaux et de bloquer immédiatement les expéditions à l’étranger lors des crises internes, une décision souveraine que les instances actuelles hésitent à prendre.