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Les consulats africains, source de tensions entre le Maroc et l’Algérie

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3 mars 2020 - 17h30 - Maroc

Plusieurs pays africains ont décidé d’ouvrir de nouvelles représentations consulaires dans les provinces du Sud, notamment à Laâyoune et Dakhla. Cette avalanche d’actes diplomatiques qui consacrent davantage la marocanité du Sahara, n’est pas du goût de l’Algérie voisine qui n’a pas tardé à réagir, ravivant ainsi, les tensions entre les deux pays.

Les dissensions entre le Maroc et l’Algérie au sujet du Sahara ont surgi à nouveau. En toile de fond, une série de consulats ayant ouvert leurs portes dans les provinces du Sud. Le 28 février dernier, deux nouveaux pays, le Burundi et Djibouti, ont également procédé à l’inauguration de consulats, respectivement à Laâyoune et Dakhla, portant désormais à neuf le nombre de pays africains ayant une représentation consulaire dans les provinces du Sud.

Face à l’ouverture de ces nouveaux consulats, l’Algérie n’a pas tardé à réagir. Après l’ouverture du consulat des îles Comores à Laâyoune le 18 décembre, première de la série, l’Algérie avait vivement fait part de son étonnement quant à la stratégie chérifienne, qualifiant ces décisions de « mesures d’une gravité exceptionnelle », fait observer TelQuel. Dès lors, appuie le média, « la tension est montée crescendo ». Ainsi, les deux pays multiplient, les « communiqués vindicatifs interposés relayés par les agences officielles respectives, MAP et APS ».

L’Algérie est allée loin, en rappelant son ambassadeur en Côte d’Ivoire, le 20 février, pour « consultation ». Comme le souligne la même source, Abidjan avait inauguré un consulat général le 29 janvier, qualifié par son chef de la diplomatie, Ally Coulibaly, comme allant « dans le sens de l’histoire” et dans « la continuité de la position constante” ivoirienne sur la « marocanité du Sahara ». Cependant, pour les autorités algériennes, il s’agit là, de déclarations « sibyllines et insidieuses” et une « atteinte aux règles et principes qui doivent régir les relations africaines ».

Au cours d’une conférence de presse du 29 février, Sabri Boukadoum, a affirmé qu’Il existe des résolutions onusiennes claires et une loi internationale concernant la question du Sahara occidental, membre fondateur de l’Union africaine (UA). Le ministre algérien des affaires étrangères qualifie donc les sorties marocaines et des pays africains ouvrant des représentations consulaires de « paroles qui ne peuvent effacer la vérité ». Autant d’attaques de la partie algérienne qui ont fait réagir Nasser Bourita. Selon le chef de la diplomatie marocaine, qui s’exprimait lors d’une conférence de presse à la suite de l’ouverture du consulat burundais, « Celui qui se prépare à rédiger des communiqués et rappeler son ambassadeur pour consultation doit continuer sur cette voie ».

Pour Nasser Bourita, par ses positions, l’Algérie « apporte la preuve qu’elle est la principale partie au conflit du Sahara ». Mieux, d’après lui, Alger aurait transmis des « instructions verbales » à certains pays du continent pour qu’ils ne se rendent pas à la prochaine édition du Forum Crans Montana, qui se déroulera à Dakhla du 18 au 21 mars. Cependant, pour Jean-Paul Carteron, le président-fondateur de ce forum d’influence, "étape de Dakhla" vise à "contribuer à la reconnaissance internationale de l’intégrité territoriale du royaume", et positionner la cité sur la carte des grands rendez-vous internationaux, comme un « laboratoire de réflexion sur l’Afrique et la coopération Sud-Sud ». De quoi suffoquer l’Algérie.

Mots clés: Algérie , Sahara Marocain

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